L’ex-premier ministre de l’Alberta Jason Kenney démissionne de son poste de député

EDMONTON — L’ex-premier ministre de l’Alberta Jason Kenney a remis sa démission en tant que député de l’Assemblée législative de la province, mardi soir.

Dans une lettre envoyée au président de l’Assemblée législative, Nathan Cooper, M. Kenney annonce que sa décision de se retirer comme député de Calgary-Lougheed entre en vigueur immédiatement. M. Kenney représentait cette circonscription depuis 2017.

Dans un communiqué de presse accompagnant sa lettre de démission, M. Kenney remercie les électeurs de sa circonscription, ainsi que ceux qui l’ont porté au pouvoir comme député fédéral entre 1997 et 2016.

«À l’avenir, j’espère continuer à contribuer à notre vie démocratique en partageant une partie de ce que j’ai appris sur une foule de sujets, comme l’immigration, la sécurité nationale, le développement économique autochtone, les relations au sein de la fédération, la croissance économique, l’énergie et bien plus», a écrit M. Kenney.

«Mais pour l’instant, je termine avec cette réflexion. Quels que soient nos défauts ou imperfections, le Canada — et je crois que l’Alberta — fait l’envie du monde à bien des égards. Ce n’est pas un accident de l’histoire.»

Il s’est dit fier du travail accompli au cours de ses 25 années en politique, tant au provincial qu’au fédéral, mais il a ajouté qu’il craignait la polarisation des débats entre l’extrême gauche et l’extrême droite.

«L’extrême gauche veut effacer notre histoire, délégitimer nos institutions et nos traditions, en plus de diviser dangereusement la société en fonction de critères identitaires. Et de l’extrême droite, nous voyons une colère vengeresse et un cynisme toxique qui cherchent souvent à démolir les choses, plutôt que de construire et d’améliorer nos institutions imparfaites», a observé M. Kenney.

Il s’agit donc d’un chapitre qui se termine pour celui qui a été premier ministre de l’Alberta entre 2019 et 2022. Il a aussi occupé plusieurs fonctions de ministre sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper, notamment à la Défense nationale et à l’Immigration.

L’homme de 54 ans avait annoncé en mai son intention de quitter ses fonctions de premier ministre après avoir obtenu 51,4 % des appuis lors d’un vote de confiance au sein du Parti conservateur uni. Il a éventuellement été remplacé par Danielle Smith.

Au cours de la course à la direction pour trouver son successeur, M. Kenney avait fortement critiqué la proposition de Mme Smith concernant un projet de loi sur la souveraineté de l’Alberta.

Mardi, peu avant que M. Kenney annonce sa démission, les détails de cette législation ont été révélés.

Le projet de loi accorderait à la première ministre Smith et à son cabinet de vastes pouvoirs pour réécrire les lois provinciales à huis clos dans le but de repousser Ottawa, plutôt que de devoir passer par un débat à l’Assemblée législative.

Le projet de loi permettrait également au cabinet d’ordonner aux «entités provinciales» — les organisations contrôlées par la Couronne, les municipalités, les conseils scolaires, les établissements d’enseignement supérieur, la police municipale, les autorités sanitaires régionales et tout organisme social recevant des fonds provinciaux — de ne pas utiliser les ressources provinciales pour faire respecter les règles fédérales jugées préjudiciables aux intérêts de l’Alberta.

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