L’extrême droite n’a pas sa place chez les conservateurs, dit O’Toole

OTTAWA — Le chef du Parti conservateur canadien Erin O’Toole dit qu’il «n’y a pas de place pour l’extrême droite» au sein de son parti.

M. O’Toole, qui a été élu chef du Parti conservateur en août, a publié dimanche une déclaration dans laquelle il énumère ses vues en faveur du libre-choix en matière d’avortement, des droits des gays et de la réconciliation avec les Premières Nations. Il souligne que son parti n’est pas une formation pour les extrémistes de droite et ceux qui font la promotion d’un discours haineux.

«Les conservateurs forment un parti conventionnel, modéré et pragmatique – aussi vieux que la Confédération – qui est résolument au centre de la politique canadienne, déclare M. O’Toole. Mon but premier est de remettre l’économie du Canada sur la bonne voie le plus vite possible afin de créer des emplois et d’assurer un avenir solide à tous les Canadiens. Il n’y a pas de place pour l’extrême droite dans notre parti.»

Cette déclaration inattendue survient dans la foulée de l’émeute insurrectionnelle au Capitole américain qui démontre les dangers que fait courir l’extrême droite aux démocraties occidentales. Le président défait Donald Trump est accusé d’avoir incité les manifestants à prendre le bâtiment d’assaut.

M. O’Toole veut notamment se distancier des allégations des libéraux qui lui reprochent de tolérer de présumés partisans de Donald Trump dans ses rangs. 

Les libéraux ont notamment pointé du doigt un site internet conservateur qui accusait le gouvernement de vouloir truquer les prochaines élections. On y voyait aussi une photo de la députée Candice Bergen portant une casquette MAGA. Le site a été effacé depuis ce temps.

M. O’Toole condamne l’émeute des partisans de Donald Trump, la qualifiant «d’horrible». Il rappelle aussi que les conservateurs «croient à des élections libres et justes, à un transfert pacifique du pouvoir, d’opportunités pour tous et un gouvernement responsable».

Il accuse les libéraux de vouloir eux-mêmes importer les politiques de peur, de division et de désinformation qui fleurissent aux États-Unis. Il notamment fait référence à la décision du premier ministre Justin Trudeau de proroger le Parlement, l’été dernier qu’il juge comme étant nuisible à «la responsabilisation» du gouvernement.

«Si les libéraux veulent me dépeindre comme quelqu’un d’extrême droite, ils peuvent toujours essayer, déclare M. O’Toole. Les Canadiens sont intelligents et ils vont voir que c’est une tentative de tromper les gens et d’attirer une part de la peur et de la division que nous avons vues aux États-Unis.»

Selon l’ancien stratège conservateur, Tim Powers, les conseillers de M. O’Toole ont cru qu’il était nécessaire d’agir afin d’empêcher les libéraux de peindre leurs adversaires comme étant des suppôts de M. Trump.

Il juge aussi que le chef conservateur tente une fois de plus de se faire connaître des Canadiens et de redéfinir les conservateurs avant les prochaines élections fédérales.

Et si un député contredit son chef, celui-ci devra «le réduire à néant» et l’expulser afin de prouver ses convictions, ajoute M. Powers.

Un ancien directeur des politiques de Stephen Harper, Shuvaloy Majumdar, applaudit la déclaration de M. O’Toole tout en mettant les conservateurs en garde contre l’emploi par les libéraux de l’émeute du 6 janvier.

Il ajoute que plusieurs conservateurs sociaux ont quitté les rangs du parti pour adhérer au Parti populaire du Canada. Selon lui, M. O’Toole doit tenter de séduire une plus grande part de l’électorat tout en demeurant fidèle aux principes économiques du parti.

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