L’hépatite aiguë, un mal fulgurant aux causes multiples

MONTRÉAL – Mise en cause dans le décès de la députée Sylvie Roy, dimanche, l’hépatite aiguë est une maladie qui apparaît soudainement. Mais ses causes sont multiples.

Explications avec la docteure Naglaa Shoukry, chercheure et professeure au département de médecine de l’Université de Montréal.

Qu’est-ce qu’on entend par hépatite aiguë?

D’une part, l’hépatite est une inflammation du foie. Quand il est question d’hépatite aiguë, c’est qu’elle survient soudainement, et elle est accompagnée de symptômes comme la jaunisse ainsi qu’une grande fatigue.

Quelles sont les causes possibles?

Les causes peuvent être variées. Pour certains patients, c’est lié à une infection par virus, c’est-à-dire une hépatite virale, surtout l’hépatite A.

Dans d’autres cas, on va parler d’hépatite toxique. Ça peut être lié par exemple à la consommation d’alcool. Certains médicaments peuvent aussi provoquer l’hépatite aiguë, par exemple une trop grande consommation d’acétaminophène (Tylenol). Et même une consommation abusive de produits dits de santé naturels.

Enfin, l’hépatite aiguë peut aussi être provoquée par une bactérie qui cause une infection. Il y aussi la possibilité d’une hépatite auto-immune, c’est-à-dire causée par son propre système immunitaire, mais dans ce cas-là, la patiente aurait été au courant de son état.

Est-il possible de connaître la cause avec certitude?

Je crois que les médecins ont une bonne idée. Quand il y a hospitalisation, comme dans le cas de Mme Roy, les médecins font les tests pour les hépatites A, B et C. Ça permet d’écarter certaines hypothèses. Il y a aussi d’autres tests qui sont menés pour trouver les causes potentielles.

Est-il rare d’en mourir?

Ce n’est pas courant. Dans la majorité des cas, on peut guérir le problème. Mais certains cas peuvent s’aggraver jusqu’à ce que le patient en meure. Parce que d’une personne à l’autre, la réaction au traitement n’est pas la même: certains peuvent développer une insuffisance du foie, qui va affecter les autres fonctions du corps.

Dans le cas de Mme Roy, on rapporte qu’elle était très faible. Il est probable qu’elle n’ait pas répondu au traitement. Dans la littérature médicale, c’est environ six mois, mais dans les faits, on a une idée de la réponse au traitement dans les quelques semaines.