L’hôpital psychiatrique Philippe-Pinel enquête sur une attaque violente

MONTRÉAL — L’hôpital psychiatrique Philippe-Pinel a ouvert une enquête sur une attaque qui aurait été organisée par des patients adolescents contre plusieurs employés de l’institut.

Des membres du syndicat ont rapporté que les adolescents avaient comploté vendredi dernier pour organiser une bataille, afin de détourner l’attention des gardiens de sécurité, a relaté Karine Cabana, porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Le complot a été partiellement déjoué par les gardiens, qui ont pu finalement contrôler l’échauffourée, mais tout de même, trois ou quatre d’entre eux ont été blessés, selon Mme Cabana. Certains employés auraient notamment eu des ecchymoses et des côtes fracturées, selon la porte-parole, qui n’a pas pu aller davantage en détail.

La direction de l’hôpital et le syndicat mènent une enquête commune pour déterminer ce qui s’est réellement passé.

L’Institut Philippe-Pinel de Montréal traite des adolescents et des adultes qui souffrent de problèmes mentaux graves, ainsi que des gens qui ont des comportements violents ou liés à des inconduites sexuelles.

Mme Cabana espère que l’enquête démontrera que les gardiens ont besoin de plus d’équipement pour se protéger et qu’un resserrement des mesures de sécurité est nécessaire.

«Depuis plusieurs années, les agents d’intervention, ici, à l’institut, réclament d’avoir des gants en Kevlar pour assurer leur sécurité quand ils font des fouilles, pour éviter les morsures, des choses comme ça. Et à l’heure actuelle, on ne réussit pas à avoir ce genre de moyens de protection», a-t-elle soutenu.

«Un accident regrettable»

La direction de l’hôpital a qualifié cet événement de «regrettable», rappelant que «les patients ont tous en commun un potentiel élevé de dangerosité et de violence».

«L’événement qui s’est passé à l’unité des adolescents est une situation exceptionnelle», a expliqué Julie Benjamin, porte-parole de l’institut, dans un courriel.

«Lorsqu’un patient se désorganise, il est possible qu’il blesse quelqu’un. En pleine psychose, un patient peut agir en proie à des hallucinations et peut devenir très dangereux pour lui ou pour autrui.»

Mais il est «exceptionnel» qu’un groupe de parents organise un événement violent, a-t-elle réitéré.

Selon Mme Benjamin, «les procédures ont été suivies» lors de l’événement de vendredi.

«L’enquête en cours devrait permettre d’identifier les mesures à prendre, ce qui sera fait afin de prévenir ce genre de situation ou de mieux y répondre.»

Mme Cabana a indiqué que des agressions contre le personnel surviennent presque chaque jour à l’institut. Elle a toutefois reconnu qu’un incident «de l’envergure» de celui de vendredi arrive assez rarement.