L’humoriste Mike Ward lance sa campagne de sociofinancement

MONTRÉAL – L’humoriste Mike Ward a lancé mardi une campagne de sociofinancement pour couvrir ses frais d’avocats dans le cadre de son litige contre le Tribunal des droits de la personne. En seulement quelques heures, il avait reçu un peu plus de 9999 $.

La semaine dernière, le tribunal a condamné l’humoriste à verser 35 000 $ à Jérémy Gabriel — qui faisait l’objet d’un numéro dans l’un de ses spectacles — ainsi que 7000 $ à sa mère, Sylvie Gabriel.

Mike Ward a réagi sur son site Facebook, disant avoir décidé de finalement donner son opinion «à force de (se) faire insulter sur les réseaux sociaux».

Le Tribunal des droits de la personne avait statué que Mike Ward avait porté atteinte au droit à l’égalité du jeune homme en tenant des propos discriminatoires fondés sur son handicap lors d’un spectacle présenté à 230 reprises de 2010 à 2013.

L’humoriste controversé a toutefois laissé savoir qu’il ferait appel du jugement.

Sur sa page Facebook, l’humoriste a d’abord dit qu’il ne défendait pas son «gag», qu’il a qualifié de «méchant», mais bien «l’idée derrière le gag».

«Tu as le droit d’être choqué par une blague, mais tu ne devrais pas te servir d’un organisme gouvernemental parce qu’un humoriste a froissé tes émotions», a-t-il écrit.

«La famille Gabriel (…) parle que leur enfant s’est fait intimider. (…) Comment est-ce que donner de l’argent à cette famille va aider la cause de l’intimidation au Québec? Ça ne serait pas mieux donner l’argent à la fondation Jasmin Roy?», a ajouté Mike Ward.

Il a dit avoir refusé de payer en pensant aux «humoristes de demain», affirmant que les sentiments ne devraient pas avoir une influence sur l’écriture d’un humoriste.

Il a affirmé que cette cause sur la liberté d’expression concernait aussi «les journalistes, les blogueurs, les youtubeurs et les critiques».

«J’ai perdu. On va en appel. Petit scoop pour les curieux, si on perd en appel on va aller à la Cour suprême», a-t-il confié.

Son gérant, Michel Grenier, avait indiqué plus tôt mardi que l’humoriste avait décidé de lancer cette campagne de sociofinancement après avoir été interpellé par plusieurs collègues et membres du public qui voulaient lui faire un don pour ses démarches juridiques.

Sur le site internet de la plateforme «Gofundme», Mike Ward plaide que les humoristes devraient avoir le droit de faire toutes les blagues, même si elles sont blessantes.

Il dit avoir dépensé jusqu’ici 93 000 $ en frais juridiques «pour ne pas avoir à payer 42 000 $». «Soit que je suis vraiment mauvais en mathématiques, ou soit je prends la cause de la liberté d’expression vraiment au sérieux», a-t-il écrit.

En fin de soirée, l’humoriste avait récolté 9999$ de 520 personnes. Plusieurs personnes ont versé des dons allant de 5 à 30 $, mais certains internautes ont offert jusqu’à un peu plus de 300 $.

«La comédie, c’est la comédie. Ce n’est pas un crime. Nous sommes avec toi, Mike!», a écrit en anglais Anthony Cumia, qui a offert 100 $.

«Je n’ai pas une fortune mais je vais faire ma part. C’est un combat que tu mènes pour nous tous. Ce n’est pas une question d’argent, mais de principe!», a affirmé Gina Pelletier, qui a remis 10 $.