Liban: des manifestants occupent une banque pour défier le contrôle des capitaux

BEYROUTH — Des manifestants libanais ont occupé une banque commerciale de Beyrouth, lundi, pour protester contre les récentes mesures de contrôle des capitaux. Ils ont exigé que les caissiers leur permettent de retirer plus d’argent que la limite hebdomadaire autorisée.

Pour faire face à la crise financière, les banques libanaises ont imposé de façon informelle des limites de retrait de 300 $ US par semaine et ont suspendu les transferts d’argent vers l’étranger. Les manifestants antigouvernementaux, qui attribuent la situation économique difficile du pays à la corruption des politiciens, estiment que ces mesures sont illégales.

L’Association des banques du Liban a suggéré d’imposer le contrôle des capitaux pour faire face à la pénurie de devises étrangères. L’économie du Liban s’appuie en grande partie sur les réserves de dollars américains.

Lundi, plus d’une vingtaine de manifestants se sont assis sur le sol d’une succursale de la banque Audi dans le quartier Achrafieh de Beyrouth. Ils ont finalement réussi à forcer les caissiers à encaisser un chèque de 5000 $, tandis que deux autres manifestants ont retiré 1000 $ et 2000 $ de leurs comptes. Les manifestants ont brandi les liasses de billets devant les caméras pour célébrer.

«Nous voulons notre argent», scandaient les manifestants, rejoints par certains clients de la banque. Ils ont exhorté certains des clients à exiger de pouvoir retirer plus que la limite. L’un d’eux a essayé, mais n’a pas insisté devant le refus du caissier, selon Roy Deeb, le manifestant qui a encaissé le chèque de 5000 $.

M. Deeb a affirmé que l’association des banques n’avait pas le pouvoir d’imposer des limites de retrait sans l’approbation du Parlement ou du gouvernement.

Au cours des dernières semaines, la livre libanaise a perdu plus de 30 % de sa valeur, après plus de 20 ans d’arrimage avec le dollar. Pendant ce temps, les licenciements et les baisses de salaire se multiplient alors que la paralysie politique se poursuit, les élus n’ayant pas réussi à s’entendre sur la formation d’un nouveau gouvernement depuis la fin du mois d’octobre.