Libération de militante des droits des femmes Saoudienne, Loujain al-Hathloul

DUBAÏ, Émirats arabes unis — L’ Arabie saoudite a libéré mercredi une proéminente militante des droits de la personne, Loujain al-Hathloul, emprisonnée depuis près trois ans.

C’est ce qu’a fait savoir la famille de la Saoudienne âgée de 31 ans, dont l’arrestation avait soulevé un tollé sur la scène internationale.

Mme al-Hathloul, qui réclamait la levée de l’interdiction pour les femmes de conduire en Arabie saoudite, a été arrêtée en 2018. Elle avait écopé d’une sentence de près de six ans d’emprisonnement en décembre dernier en vertu d’une loi sur le contre-terrorisme.

Sa détention préventive aura duré 1001 jours, y compris en isolement carcéral solitaire.

Elle était accusée d’incitation au soulèvement et d’avoir eu recours à l’internet pour susciter le désordre, sous des motivations de politiques étrangères _ des accusations que des groupes de défense des droits de la personne ont décriées.

«Loujain est à la maison», a écrit sa soeur Lina al-Hathloul dans un gazouillis sur le réseau social Twitter où elle a affiché la capture d’écran d’un appel vidéo entre la famille et Loujain al-Hathloul.

Les autorités saoudiennes n’ont pas commenté sa libération dans l’immédiat.

La réaction du Canada ne s’est pas fait attendre.

«Le Canada accueille positivement la libération de @LoujainHathloul et de Noof Abdulaziz», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Marc Garneau dans un gazouillis.

«Nous sommes tous très soulagés de ce dénouement et nos pensées sont avec leurs familles et leurs proches», a-t-il poursuivi.

La libération de Loujain al-Hathloul était attendue cette année puisqu’un juge avait retranché deux ans et dix mois qui restaient à sa détention. Elle devait être libérée en mars prochain, mais sa sortie de prison anticipée survient tandis que l’Arabie saoudite subit de la pression du nouveau président des États-Unis, Joe Biden, qui a promis de défendre la démocratie et les droits de la personne.

«J’ai une nouvelle des plus bienvenues à l’effet que le gouvernement saoudien a libéré une proéminente militante des droits de la personne», a déclaré le président Biden dans un discours au Pentagone.

«C’est une militante importante pour la défense des droits de la personne et sa libération était la bonne chose à faire», a déclaré M. Biden.

Pendant sa campagne électorale, Joe Biden avait promis un changement de ton à la politique étrangère de l’ancien président Donald Trump «qui donnait un chèque en blanc» à l’Arabie saoudite, qu’il a qualifié de «paria», avec politiques désastreuses, notamment contre les femmes.

L’Organisation des Nations unies (ONU) a bien accueilli la libération de la militante Loujain al-Hathloul. Un porte-parole de l’ONU, Stephane Dujarric, a affirmé que les autres personnes qui sont dans la même situation obtiennent la même clémence de la part des autorités saoudiennes.

Quoique devenue une femme libre, Mme al-Hathloul devra respecter des conditions de libération strictes, ce qui inclut une interdiction de voyager de cinq ans et trois ans de probation.

«Loujain est à la maison, mais elle n’est pas libre», a dénoncé sa soeur Lina qui a lancé que «la bataille n’est pas terminée» sur Twitter.

Loujani Al-Hathloul est une diplômée de l’Université de Colombie-Britannique de 2014.

Le recteur Santa Ono affirmé qu’il se réjouit de sa libération, tout en précisant que cette femme a dédié sa vie à la défendre les droits des femmes de son pays et à faire avancer leur cause en sensibilisant les gens autour d’elle.

La libération de Mme Al-Hathloul survient après celle de deux autres personnes qui ont la double nationalité américaine et qui étaient emprisonnées depuis 2019: Badr al-Ibrahim, un écrivain et physicien, et Salah al-Haidar, le fils d’une importante militante des droits de la personne.

Par Isabel Debre, The Associated Press

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