Libre-échange canado-européen: Jean-Claude Juncker étonne les capitales

BERLIN – Le ministre allemand de l’Économie estime qu’il serait «insensé» d’empêcher les législatures nationales de se prononcer sur l’accord de libre-échange canado-européen.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a soutenu mardi que l’Accord économique et commercial global n’est pas un «accord mixte», et qu’il n’a donc pas besoin de l’aval des parlements nationaux des États membres, mais seulement celui du Parlement européen, à Bruxelles.

Le ministre allemand Sigmar Gabriel a répondu que si on outrepassait ainsi les parlements nationaux des États membres de l’Union européenne, on alimenterait l’opposition à d’autres traités de libre-échange, comme celui que l’Europe tente de conclure avec les États-Unis (le «Tafta»).

En entrevue au quotidien berlinois «Der Tagesspiegel», M. Gabriel a soutenu qu’«il serait incroyablement insensé de décider, à ce moment-ci, que les parlements nationaux n’ont pas voix au chapitre sur cet accord commercial».

Un média allemand a estimé que la position de M. Juncker tombait bien mal, alors que l’«euroscepticisme» a le vent dans les voiles au sein des pays membres de l’Union européenne.