L’idée d’une réforme du collège électoral américain gagne du terrain

À ce jour, 15 États, ainsi que le district de Columbia, ont signé un pacte interétatique pour que les votes du collège électoral soient représentatifs du vote populaire.

WASHINGTON — Des files interminables, des avertissements pernicieux de fraude électorale, de l’intimidation et la peur de contracter un virus mortel: voter n’est pas de tout repos cette année aux États-Unis.

Le concept étrange et unique du collège électoral n’est pas au sommet des préoccupations de la plupart des électeurs.

Mais ce n’est pas le cas de Barry Fadem, un avocat californien qui s’est longtemps battu pour une réforme du mode de scrutin.

«Nous élisons le président des États clés, déplore-t-il. Ce sont des États que les deux partis convoitent parce que la course y est assez serrée pour qu’ils croient en leurs chances. Si on fait le calcul, 42 États sont laissés de côté pendant l’élection présidentielle.»

M. Fadem est président de l’organisme à but non lucratif National Popular Vote, qui a comme mission de rendre les élections présidentielles américaines plus représentatives de la volonté populaire.

«Sans vouloir insulter le Canada, nous considérons que les élections américaines sont les plus importantes au monde», défend-il.

«Pourtant, la règle qui fait notre renommée à travers le monde — selon laquelle celui qui reçoit le plus de votes devrait gagner — ne s’y applique pas, ce qui est injustifiable de nos jours. »

M. Fadem attribue la solution proposée par National Popular Vote à son président, l’ancien professeur de l’Université Stanford John Koza.

Mais tout d’abord, un peu d’éducation civique s’impose.

Rappelons qu’au Canada, les électeurs ne choisissent pas le premier ministre, mais bien les membres du Parlement. Le nombre de candidats élus pour chaque parti détermine qui sera se verra confier le mandat.

Techniquement, les Américains n’élisent pas le président non plus. C’est plutôt par le collège électoral: 538 grands électeurs qui sont choisis pour refléter les résultats de leur État. En remportant l’appui d’au moins 270 d’entre eux, les partis assurent leur victoire.

Dans la plupart des cas, l’entièreté des grands électeurs d’un État va au candidat qui reçoit le plus de votes au sein dudit État. Le Maine et le Nebraska se fient aussi aux résultats électoraux dans les districts pour distribuer une partie de leur votes.

Ce processus explique pourquoi il est possible de devenir président sans remporter le vote populaire. Hillary Clinton avait reçu 2,87 millions de votes de plus que Donald Trump en 2016, mais avait perdu le collège électoral par 306 contre 232.

En réalité, sept grands électeurs «infidèles» avaient voté cette année-là pour un candidat autre que celui qu’ils devaient appuyer: deux pour M. Trump et cinq pour Mme Clinton.

Les règles sont inscrites dans la Constitution des États-Unis. Toutefois, les États peuvent convenir entre eux de comment ils les appliquent.

La solution du National Popular Vote: un pacte interétatique pour que les votes du collège électoral soient représentatifs du vote populaire.

À ce jour, 15 États, ainsi que le district de Columbia, ont signé le pacte, pour un total de 196 votes du collège électoral. Selon M. Fadem, le chiffre magique de 270 serait atteignable d’ici 2024.

«Je ne suis pas convaincu qu’il y ait qui que ce soit à travers les États-Unis qui ne saisisse pas cet enjeu, estime-t-il. Peu importe ce qui se passera dans cette élection, je pense que les gens seront motivés à agir.»

Les électeurs qui tentent de voter par anticipation doivent déjà attendre en file plusieurs heures, et certains se rendent aux bureaux de vote en personne par méfiance envers le vote par correspondance. Le tout, en pleine deuxième vague de COVID-19.

M. Trump a empressé ses partisans d’être «vigilants» aux urnes le jour des élections, une invitation à l’intimidation selon ses détracteurs.

Il a aussi attaqué le vote par correspondance, alléguant sans preuve à l’appui que ce système serait un vecteur de fraude électorale. Certains craignent qu’il annonce sa victoire de façon prématurée, le 3 novembre, avant même que les votes n’aient été comptés.

La question d’une éventuelle contestation des résultats du scrutin par M. Trump a été abordée lors des audiences sur la nomination d’Amy Coney Barrett pour remplacer la défunte juge de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg.

«Je vais considérer tous les facteurs qui sont importants sur cette question, a affirmé Mme Coney Barrett, mercredi. Je vous assure de mon intégrité et que je prendrais cette question au sérieux.»

Laisser un commentaire

Et on parle de la « plus grande démocratie » au monde. Il n’y a rien de démocratique aux États-Unis. Votez comme vous le voulez, si vous le pouvez… Après NOUS ferons de votre vote ce qu’ON veut!

Répondre
Les plus populaires