Lieu de résidence de Karla Homolka: le Conseil de presse rejette une plainte

MONTRÉAL — Le Conseil de presse du Québec rejette une plainte déposée il y a 16 mois contre la journaliste Mélanie Calvé de l’hebdomadaire La voix régionale Beauharnois-Salaberry Haut-Saint-Laurent qui annonçait dans un article que Karla Homolka vivait à Salaberry-de-Valleyfield. 

Le plaignant, Florent Gauthier-Blais, a soutenu que l’article publié le 5 septembre 2019, également affiché sur le site web viva-media.ca, constituait une atteinte au droit à la vie privée.   

Karla Homolka est l’ex-conjointe et complice de Paul Bernardo qui a été emprisonné pour les meurtres de trois adolescentes de l’Ontario commis dans les années 1990. La mise au jour de ces crimes et le processus judiciaire qui a suivi a bouleversé un grand nombre de Canadiens.  

Paul Bernardo est encore en détention alors que Karla Homolka, qui est maintenant âgée d’une cinquantaine d’années, a été libérée de prison en 2005.  

L’article de Mme Calvé relatait que Mme Homolka habitait désormais dans le quartier La Baie à Salaberry-de-Valleyfield, qu’elle utilisait un nom d’emprunt, Leanne Teale, et qu’elle vivait avec le propriétaire de l’immeuble où elle réside.   

Dans sa plainte au Conseil de presse, Florent Gauthier-Blais s’est demandé pourquoi la journaliste mentionnait le lieu de résidence de Karla Homolka ainsi que son nom d’emprunt. Il s’est questionné sur le bien fondé de l’article, affirmant que son contenu porterait préjudice à l’ancienne épouse de Paul Bernardo.  

Le Conseil de presse a d’abord noté que Mélanie Calvé n’a pas écrit l’adresse exacte de Karla Homolka dans son article. Il signale aussi que ce n’était pas la première fois que des médias révélaient où habite la criminelle, ainsi que plusieurs éléments de sa nouvelle vie.   

Quant au nom d’emprunt, le plaignant jugeait que la journaliste avait porté atteinte à la vie privée de Mme Homolka en le divulguant.   

Cependant, le Conseil de presse affirme dans sa décision rendue cette semaine que cette information est plutôt d’ordre public et que le nom de Leanne Teale a été révélé en 1999 après que Mme Homolka l’ait elle-même utilisé dans une poursuite contre le gouvernement du Canada. Ce nom d’emprunt a aussi été utilisé dans d’autres jugements rendus en 2005.   

Le Conseil de presse qualifie Karla Homolka de personnalité publique et écrit que son nom n’a pas à être caché du public, qu’il s’agisse d’un nom d’emprunt ou son nom de naissance.

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