L’immunothérapie offre un nouvel espoir pour combattre le cancer de l’oesophage

MONTRÉAL — Trois nouvelles études, dont une à laquelle ont participé des chercheurs québécois, offrent un nouvel espoir dans la lutte contre le cancer de l’oesophage, une maladie potentiellement très agressive et contre laquelle aucune nouvelle arme n’avait vu le jour depuis près de dix ans.

Même si leurs résultats sont encore préliminaires, les trois études portent à conclure que l’ajout de l’immunothérapie aux traitements de chimiothérapie classiques augmente les chances de survie du patient, et dans certains cas de survie sans maladie.

«Grosso modo, deux études ont démontré un avantage de survie en faveur de l’immunothérapie combinée à la chimiothérapie. La troisième étude a démontré un avantage de survie sans maladie», a résumé le docteur Mustapha Tehfe, un chercheur du CHUM qui était un des investigateurs principaux et un des coauteurs de l’étude CheckMate 649.

Le cancer de l’oesophage est fréquemment diagnostiqué très tard, après l’apparition de métastases. Le pronostic sera alors souvent très sombre. En Occident, le taux de survie après cinq ans est de seulement 10 % ou 12 %.

Un des mécanismes de défense de la tumeur consiste à freiner l’activité du système immunitaire qui se mobilise pour la détruire. L’immunothérapie retire ces freins et permet donc au système immunitaire d’attaquer la tumeur à pleine puissance.

Les études ont d’ailleurs démontré que les patients qui retirent le plus d’avantages de cette thérapie sont ceux dont le système immunitaire combat déjà le plus vigoureusement la maladie.

«(Avec l’immunothérapie), le système immunitaire va être dix, vingt, trente, cinquante fois plus actif, a dit le docteur Tehfe. Avec la chimiothérapie, on a vu que ça donnait un avantage de survie.»

Les patients qui ont été traités par immunothérapie ont toutefois été nettement plus nombreux à cesser leur traitement en raison d’effets secondaires que ceux traités uniquement par chimiothérapie.

Les trois études ont été réalisées auprès de cohortes différentes – par exemple, certains sujets avaient été opérés, d’autres pas –, ce qui permet d’espérer que l’immunothérapie pourrait profiter à une variété de patients.

Dans certains cas, les patients ont survécu jusqu’à deux fois plus longtemps sans progression de leur maladie; dans d’autres cas, ils ont tout simplement survécu plus longtemps, point.

On ne sait pas encore si la thérapie influence la survie à long terme, a prévenu le docteur Tehfe, mais «on pense et on espère que oui».

«Ce sont des études qui risquent très fortement de changer la pratique», a-t-il dit.

La nouvelle est d’autant plus la bienvenue qu’il y a près de dix ans qu’aucune nouvelle arme n’avait été développée pour combattre le cancer de l’oesophage.

Comparativement aux avancées majeures dont ont pu profiter les patients atteints d’autres types de cancer, le cancer de l’oesophage était «vraiment en retard», a dit le docteur Tehfe.

«J’ai des patients qui sont en vie depuis trois ans, en rémission complète, a-t-il conclu. Est-ce qu’ils sont guéris? Je ne le sais pas. Mais quand on fait des ‘scans’, on ne trouve plus de cancer, et ça, ça n’a jamais été vu dans le cancer de l’estomac et de l’oesophage.»

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