L’impact négatif de la COVID-19 se fait ressentir jusqu’au coeur de la vie de famille

MONTRÉAL — La pandémie a des effets négatifs qui s’infiltrent jusqu’au coeur de la vie de famille, selon un sondage dévoilé mardi par l’Observatoire des tout-petits. Il en ressort que les parents sont encore plus stressés que lors de la première vague de COVID-19, et que de nombreux bambins sont plus irritables et agités qu’à l’habitude, et plus prompts à piquer des colères.

L’Observatoire des tout-petits, un organisme sans but lucratif qui cherche à favoriser le bien-être des 0 à 5 ans, a voulu prendre le pouls de ces familles québécoises.

Comment se portent-elles lors de cette deuxième vague de COVID-19?

Les résultats d’un sondage dévoilé mardi, dans le cadre de la Grande Semaine des tout-petits, révèlent des fractures et des difficultés. 

Un parent québécois sur deux affirme que la pandémie aura eu un effet négatif sur son enfant.

«Les tout-petits réagissent à tous ces bouleversements dans leur vie», indique en entrevue Fannie Dagenais, la directrice de l’Observatoire.

Quant aux parents, ils sont stressés: 51 % affirment que leur niveau de stress face à la situation actuelle liée à la COVID-19 est «élevé». Environ 30 % des pères et des mères sondés affirment que leur stress est plus élevé que lors de la première vague. 

Les familles moins bien nanties sont frappées encore plus par la COVID, car celle-ci a fait perdre des emplois et fait exploser les demandes d’aide aux banques alimentaires.

Le sondage relève deux sources de stress importantes pour les parents: la possibilité que l’école ou le service de garde de leur enfant ferme de nouveau (66 % des parents de tout-petits sondés) et l’obligation de garder l’enfant à la maison s’il présente un symptôme de cette maladie (61 %).

Car il n’est pas facile de faire du télétravail quand on a de jeunes enfants à la maison, qui ont besoin d’une attention constante, explique Mme Dagenais. Pas facile non plus quand la classe du petit doit fermer — sans préavis — à cause d’une éclosion de COVID-19 et que les parents travaillent à l’extérieur comme les infirmières et les camionneurs: qui va s’occuper des enfants?

«La seule pensée que ça peut fermer du jour au lendemain est une source de stress.»

Et puis, bon nombre de parents ne peuvent compter sur leur réseau de soutien habituel: il ne leur est pas possible d’appeler un grand-parent pour garder quand on limite au maximum les contacts, ajoute la directrice de l’Observatoire. C’est d’ailleurs le cas de 43 % des parents sondés.

Et pourquoi des parents ressentent-ils plus de stress lors de cette deuxième  vague de COVID-19? Mme Dagenais offre cette hypothèse: il y a une accumulation de stress avec le temps, croit-elle, et une incertitude pour l’avenir, ce qui a des répercussions sur la santé mentale. 

Parmi d’autres conséquences négatives relevées, 44 % des parents de tout-petits affirment que la pandémie a affecté leur capacité à garder leur calme avec leur enfant.

«Évidemment, cela peut affecter la relation parent-enfant et l’ambiance au sein de la maison.»

Le sondage a été réalisé sur le web par la firme Léger du 29 octobre au 2 novembre auprès d’un échantillon représentatif de 501 parents québécois. Les résultats ont été pondérés selon le sexe et les régions afin de rendre l’échantillon représentatif de l’ensemble de la population, précise la firme de sondage.

Du positif dans les résultats

Des choses positives ressortent toutefois de ce sondage: 75 % des parents de tout-petits au Québec affirment que la pandémie a eu un effet favorable sur leur capacité à accorder du temps à leur enfant. 

«Il s’agit d’une bonne nouvelle en soi, puisque le temps que le parent passe avec son enfant favorise la création d’un lien d’attachement sécurisant, qui est essentiel pour le développement et l’estime de soi de l’enfant», estime Mme Dagenais. 

La pandémie a aussi un effet positif sur la capacité des parents à favoriser de saines habitudes alimentaires chez leur enfant.

Il est aussi intéressant de constater que 35 % des parents ont affirmé que la pandémie n’a eu aucun effet sur leurs tout-petits.

Toutefois, Mme Dagenais déplore que 79 % des parents sondés avouent n’avoir utilisé aucun service d’aide ou ressource de soutien parental alors que leur stress augmentait. Les services n’étaient peut-être pas assez connus des parents qui en avaient besoin, dit-elle, espérant qu’ils n’hésiteront pas à aller chercher de l’aide dans l’avenir.

Ressources d’aide pour les parents 

LigneParents: Service d’intervention accessible jour et nuit, gratuit, confidentiel et offert à tous les parents d’enfants âgés de 0 à 20 ans  1-800-361-5085

Info-Social: Pour joindre rapidement un professionnel en intervention psychosociale, composez le 811  

Priorité Parents: Service de soutien confidentiel, personnalisé et adapté aux besoins des parents: https://fqocf.org/parents/priorite-parents/ 

Naître et grandir: Source d’information pour les parents

https://naitreetgrandir.com/fr/ et https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/viefamille/fiche.aspx?doc=vivre-avec-stress-parental-temps-crise

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