L’Inde et la Chine servent de marchés refuges pour le pétrole de la Russie

NEW DELHI — L’Inde et d’autres États d’Asie se révèlent des marchés refuges essentiels pour permettre à la Russie d’écouler son pétrole, malgré les pressions des États-Unis qui les exhortent à ne pas hausser leurs importations alors que l’Union européenne et d’autres pays alliés ont fermé le robinet russe dans le cadre d’une série de sanctions liées à l’invasion de l’Ukraine.

Ces ventes en Asie viennent gonfler les revenus d’exportation de la Russie au moment où Washington et ses alliés tentent de restreindre les ressources financières qui soutiennent l’effort de guerre de Moscou.

Selon un rapport publié lundi par le Centre de recherche sur l’énergie et l’air sain, un groupe de réflexion indépendant établi en Finlande, la Russie a tiré 93 milliards d’euros en revenus d’exportations d’énergies fossiles au cours des 100 premiers jours de son invasion de l’Ukraine, malgré une baisse des volumes enregistrée en mai.

«Les revenus sur les exportations de carburant fossile sont l’élément clé permettant à la Russie de mener son agression militaire en fournissant 40 % des revenus de son budget fédéral», révèle le document.

L’Inde, un État assoiffé de pétrole avec ses 1,4 milliard de personnes, a englouti près de 60 millions de barils de carburant russe depuis le début de 2022. En comparaison, l’Inde n’avait consommé que 12 millions de barils au cours de toute l’année 2021, d’après des données de la firme Kpler. Les exportations russes vers d’autres pays d’Asie, dont la Chine, ont aussi connu des hausses au cours des derniers mois.

En entrevue avec l’Associated Press, le premier ministre du Sri Lanka Ranil Wickremesinghe a affirmé qu’il pourrait se retrouver forcé d’acheter davantage de pétrole en provenance de Russie alors qu’il est désespérément en quête de carburant pour maintenir l’économie de son pays à flot malgré la grave crise qui l’affecte.

Tout en assurant vouloir d’abord trouver d’autres sources d’approvisionnement, le chef du gouvernement sri lankais s’est dit prêt à acheter plus de brut du côté de Moscou.

La Russie cherche en même temps à diversifier ses exportations. Des approches ont récemment eu lieu auprès des Philippines dans le but de leur fournir du pétrole et du gaz naturel.

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par le régime de Vladimir Poutine, en février dernier, les prix de l’essence ont explosé partout sur la planète, ce qui a servi d’incitatif à plusieurs États, comme l’Inde, pour acheter au rabais le pétrole russe.

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