L’Ontarien qui avait lancé du gravier sur Trudeau écope d’une peine avec sursis

LONDON, Ont. — Un Ontarien qui avait lancé du gravier sur Justin Trudeau lors de la campagne électorale de 2021 a été condamné lundi à une peine d’emprisonnement avec sursis de 90 jours.

Shane Marshall, âgé de 26 ans, de St. Thomas, en Ontario, a aussi été condamné à un an de probation. 

Le juge Kevin McHugh, de la Cour de l’Ontario à London, a déclaré lundi que «l’agression grave» de Marshall contre le premier ministre n’était pas l’expression de ses convictions politiques, mais une manifestation de l’«esprit de foule» qui, «s’il n’est pas contrôlé, permet à l’anarchie de prévaloir».

Marshall, d’abord accusé d’agression armée, avait finalement plaidé coupable à l’accusation réduite de voies de fait simples, en mars, alors que son affaire devait être jugée — et après une tentative infructueuse de faire témoigner M. Trudeau.  

Cet ancien directeur de circonscription du Parti populaire du Canada a admis qu’il avait lancé du gravier sur M. Trudeau alors que le chef libéral remontait à bord de son autocar de campagne à London, après un rassemblement partisan perturbé par des manifestants.  

M. Trudeau avait reçu du gravier, mais il n’avait pas été blessé, a indiqué le juge. 

L’avocat de Marshall a qualifié lundi la peine de juste et d’équilibrée, affirmant que son client reconnaissait la gravité et le danger potentiel de ses gestes. «Il doit de toute évidence reconsidérer la façon dont il gère ses positions politiques», a déclaré Me Luke Reidy.

La défense avait suggéré au juge une peine d’un an avec sursis et des travaux dans la communauté. La Couronne demandait une peine de 30 jours de prison ferme, afin de dissuader efficacement tout acte de violence pendant les campagnes électorales.

Le juge McHugh a déclaré lundi que les actes de violence contre des personnalités publiques sont «antidémocratiques et doivent être dénoncés dans les termes les plus forts».

En décidant de la peine à imposer à Marshall, le juge McHugh a examiné le cas d’un homme qui avait été condamné à 60 jours de prison avec sursis pour avoir menacé de tuer M. Trudeau au cours de la même campagne de 2021.

Le juge a également cité les «entartages» ciblant les premiers ministres Jean Chrétien et Ralph Klein. L’homme qui avait entarté M. Chrétien en 2000 a été condamné à 30 jours de prison, mais il n’a ensuite purgé que huit jours, après avoir fait appel de sa peine, a précisé le juge McHugh.

Pendant toute la durée de sa peine avec sursis, Marshall devra rester chez lui 24 heures sur 24, sept jours sur sept, sauf pour des rendez-vous médicaux ou avec la permission de son agent de probation. Le juge a également ordonné à Marshall d’éviter tout contact avec M. Trudeau. La peine comprend aussi une interdiction d’armes pendant cinq ans.

La Couronne avait plaidé que les gestes de Marshall constituaient non seulement une attaque contre un candidat politique, mais aussi contre la démocratie.

«D’une manière très publique et tangible, (l’accusé) a menacé les libertés et le sentiment de sécurité qui nous sont tous chers dans ce pays», a d’ailleurs conclu le juge.

Le Parti populaire du Canada avait déclaré après l’incident qu’il avait démis Marshall de son poste de président de l’association de circonscription après avoir visionné des images. 

Le parti de Maxime Bernier faisait campagne sur une plate-forme qui comprenait notamment la réduction draconienne du nombre de réfugiés et d’immigrants accueillis au Canada, et l’abrogation des passeports vaccinaux contre la COVID-19.

La campagne du chef libéral en 2021 avait été régulièrement perturbée par des manifestants qui dénonçaient les mesures sanitaires du gouvernement Trudeau.

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