L’industrie manufacturière presse Trudeau de rétablir le transport ferroviaire

MONTRÉAL — Pas moins de 4600 wagons par jour sont affectés par les blocages ferroviaires au pays — et c’est seulement ceux qui transportent des produits d’entreprises manufacturières.

Certaines entreprises manufacturières paniquent, a rapporté en entrevue Véronique Proulx, présidente-directrice générale du groupe Manufacturiers et exportateurs du Québec. «C’est paniquant de ne pas savoir quand ça va se terminer.»

Des entreprises vont devoir interrompre des lignes de production, faire des mises à pied temporaires si la situation n’est pas rétablie au cours des prochains jours, a-t-elle prévenu.

Une vingtaine de représentants d’entreprises manufacturières, dont le président et chef de l’exploitation des Aliments Maple Leaf, ont signé une lettre commune pressant le gouvernement Trudeau de rétablir le transport ferroviaire dans l’ensemble du pays.

Parmi les autres signataires, on retrouve des transformateurs de métaux, des fabricants de remorques, des fabricants de portes et fenêtres, des fabricants d’articles de chauffage et ventilation, des fabricants d’emballages, de produits chimiques et autres.

L’industrie évalue que chaque journée de blocage retarde la livraison de produits provenant de l’industrie manufacturière valant 425 millions $ au Canada ou 120 millions $ au Québec.

Et l’industrie souligne que «chaque jour d’interruption du transport ferroviaire demandera trois à quatre jours pour rattraper le retard», à cause des délais dus à la reprise des activités.

Ces manufacturiers disent comprendre que le premier ministre Justin Trudeau souhaite une solution pacifique, mais «il y a une échéance et le temps presse; il y a un équilibre à atteindre; il faut accélérer le pas» pour rétablir la circulation des trains, a fait valoir Mme Proulx.

Des produits alimentaires, par exemple, pourraient devenir périmés. Et, assurées ou pas, il n’est pas certain que toutes les entreprises seront dédommagées pour leurs pertes et/ou retards.

Mme Proulx rapporte que le nombre d’entreprises touchées est bien plus grand que le nombre de signataires de la lettre, mais que certaines ne veulent même pas le dire publiquement, de crainte d’alarmer des clients aux États-Unis ou ailleurs.

Dans la vingtaine de signataires, on retrouve ABB Canada, J.D.Irving, Nova Chemicals, CKF, ABB réseaux électriques, Creopack, CBR Laser, Demers ambulances, Énergie Valero, Master Flow, Monarch Industries, Tremcar et d’autres.

Fitzgibbon inquiet

«Le problème est sérieux. Un moment donné, il va falloir que ça arrête», a lancé le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, en point de presse à Québec.

«À ce stade-ci, ce n’est pas encore dramatique. On n’a pas beaucoup de jours devant nous», a-t-il commenté, se disant inquiet.

Le cas échéant, Québec pourrait donner un coup de pouce temporaire aux industries touchées, si la situation se prolongeait. «On l’a fait pour le bois d’oeuvre, pour l’aluminium. On peut prêter pour des fonds de roulement», a-t-il donné en exemple.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

Commentaires
Laisser un commentaire