L’infestation par le ver de Guinée serait sur le point d’être éradiquée

DAKAR, Sénégal — La planète pourrait être sur le point d’éradiquer l’infestation par le ver de Guinée, une maladie horrible qui voit un ver d’environ un mètre de long émerger d’un abcès sur la peau de la victime.

Seulement une vingtaine de personnes seraient actuellement infectées, selon un nouveau rapport qui salue les programmes communautaires qui ont permis ces progrès.

Le Centre Carter, qui mène la campagne d’éradication, n’a recensé en 2020 que 27 infections dans six pays de l’Afrique subsaharienne, soit la moitié du nombre de cas vus en 2019. Le centre rapporte aussi un déclin de 20 % des infections chez les animaux.

Ces progrès sont accueillis avec joie par la communauté médicale, dans le contexte de la pandémie de coronavirus. En dépit des coupes imposées à plusieurs programmes à travers le monde, le Centre Carter affirme que son initiative communautaire destinée à éradiquer le ver de Guinée demeure opérationnelle à 95 %.

«Nous rapportons une réduction de 50 % des cas humains, avec seulement 27 personnes l’an dernier qui avaient le ver de Guinée. On compare ça avec 3,5 millions de personnes dans 21 pays en 1986, surtout en Afrique subsaharienne, mais aussi au Moyen-Orient et en Asie», a dit à l’Associated Press le responsable du programme d’éradication du Centre Carter, Adam Weiss.

Des données provisoires témoignent de 12 infections au Tchad de 2020 et de 11 en Éthiopie. On recensait une infection en Angola, une au Cameroun, une au Mali et une au Sud-Soudan.

M. Weiss a indiqué que la COVID-19 a interféré avec la logistique et la chaîne d’approvisionnement, réduisant les activités de recherche et compliquant les déplacements.

«Nous sommes très choyés que ce soit un programme communautaire, donc les bénévoles sont demeurés actifs pendant la pandémie», a-t-il dit.

Contrairement aux autres problèmes de santé qui peuvent être combattus avec des médicaments ou des vaccins, on peut seulement lutter contre le ver de Guinée en enseignant à la population à filtrer son eau et à ne boire que de l’eau propre. 

Transmise par de l’eau contaminée, l’infection par le ver de Guinée touche certaines des populations les plus vulnérables de la planète. Le ver d’un mètre de long est asymptomatique et peut sommeiller dans sa victime pendant un an avant de faire son apparition douloureuse, souvent par les parties les plus sensibles du corps.

L’infection par le ver de Guinée pourrait devenir la deuxième maladie éradiquée par l’humain après la variole, selon le Centre Carter. L’Organisation mondiale de la Santé prévient toutefois que les derniers cas sont les plus difficiles à combattre, puisqu’ils surviennent souvent dans des régions reculées et inaccessibles.

– Par Carley Petesch et Alex Sanz, The Associated Press

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