L’influenceur complotiste Alexis Cossette-Trudel banni de Twitter

MONTRÉAL — Le compte Twitter de l’influenceur complotiste Alexis Cossette-Trudel a été suspendu vendredi, le même jour où plusieurs complotistes du mouvement QAnon ont également été bannis du réseau social.  

Plusieurs comptes Twitter liés à la mouvance QAnon avaient promu la manifestation de mercredi au Capitole américain, une manifestation qui s’est transformée en insurrection meurtrière et qui a amené Twitter à adopter de nouvelles mesures.  

Alexis Cossette-Trudel s’est fait connaître dans la francophonie en diffusant des vidéos dédiés à QAnon.  Bien qu’il soit difficile de résumer le mouvement conspirationniste QAnon, qui semble se nourrir chaque jour de nouvelles théories du complot, les adeptes de cette mouvance croient notamment que Donald Trump a été désigné pour sauver la planète et faire emprisonner les membres d’un réseau de pédophiles dirigé par «la cabale», dont feraient partie plusieurs célébrités et politiciens qui sont opposés aux politiques du président sortant. 

Ils croient également que «l’état profond» a «truqué» les dernières élections américaines en faveur de Joe Biden.  Dans ces vidéos, Alexis Cossette-Trudel a plusieurs fois fait des liens entre le premier ministre Justin Trudeau et la pédophilie, affirmant notamment que «tout le monde autour de Justin Trudeau baigne dans la pédophilie».  

Sur son compte Twitter, il annonçait depuis des mois qu’une «tempête» arriverait à Washington et que Donald Trump, le héros, réussirait à renverser les résultats des élections, parviendrait à démasquer «l’état profond» et ferait emprisonner sans procès ceux qui s’opposent à lui.  

La pandémie de coronavirus a donné un nouveau souffle aux théories de QAnon et aux comptes associés aux «youtubers complotistes» comme Alexis-Cossette Trudel.  

Il est devenu une figure de proue du mouvement anti-mesures sanitaires en prenant la parole lors de plusieurs manifestations anti-masque.  

Banni également de Facebook  

Au mois d’octobre, Facebook avait annoncé qu’il supprimait les pages, les comptes et les groupes liés au mouvement conspirationniste américain QAnon.  Ainsi, le compte d’Alexis Cossette-Trudel et celui de la chaîne qu’il a créée, appelée «Radio-Québec» avaient été fermés.  

Un nouveau compte Twitter lié à son nom  

Vendredi soir, un nouveau compte Twitter identifié à Alexis Cossette-Trudel a été créé. L’utilisateur du compte se présente comme un «mordu de politique» et fait la promotion du profil d’Alexis Cossette-Trudel sur un autre réseau social, semblable à Twitter, qui a récemment accueilli plusieurs personnalités d’extrême droite qui ont été bannies des réseaux sociaux traditionnels.  

La Presse Canadienne n’a pas confirmé l’identité de la personne qui a créé le nouveau profil d’Alexis Cossette-Trudel sur Twitter.  

Aux origines de « Q » : le Pizzagate   

Les théories de QAnon ont débuté dans les recoins les plus sombres d’Internet vers la fin de 2017. Elles sont basées sur les publications alléguées d’un fonctionnaire anonyme de haut rang connu sous le nom de « Q » qui aurait levé le voile sur « l’État profond » à Washington, souvent lié au satanisme, à la pédophilie et même au cannibalisme.   

Le président Trump a retweeté des comptes faisant la promotion de QAnon. Les adeptes affluent aux rassemblements de Donald Trump vêtus de vêtements et de chapeaux avec des symboles et des slogans QAnon comme on peut le constater dans les vidéos filmées à l’intérieur du Capitole lors de l’insurrection meurtrière de mercredi.  

Même si le mouvement QAnon est apparu vers la fin de 2017, les théories du complot prétendant que des célébrités d’Hollywood et des personnages politiques opposés à Donald Trump faisaient partie d’un vaste réseau de pédophilie circulaient déjà sur les réseaux sociaux pendant la campagne électorale présidentielle de 2016.   

La plus célèbre de ces théories, qui est souvent mentionnée par les adeptes de « Q », est le « Pizzagate ». Selon cette divagation, Hillary Clinton dirigeait un réseau de trafic d’enfants dans le sous-sol du « Comet Ping Pong », une pizzeria de Washington.   

En décembre 2016, Edgar Maddison Welch, un citoyen de la Caroline du Nord âgé de 28 ans, s’est rendu à la pizzeria nommée « Comet Ping Pong » armé d’un fusil d’assaut pour, selon ce qu’il avait raconté aux policiers, enquêter personnellement sur le « Pizzagate ».   

Avant d’être rapidement arrêté par la police, il avait fait usage de son fusil d’assaut, mais personne n’avait été blessé.   « Ce qui s’est passé prouve que le fait de promouvoir des théories du complot fausses et irréfléchies a des conséquences », avait déploré dans un communiqué le propriétaire de cette pizzeria à la clientèle familiale, James Alefantis.   

Dans les dernières années, des adeptes de QAnon ont également fait la manchette pour avoir commis des actes violents. 

L’un des cas les plus médiatisés est celui d’Anthony Comello, un homme âgé de 25 ans, accusé d’avoir tué un chef mafieux new-yorkais. Selon son avocat, Anthony Comello était convaincu qu’il protégerait le président Trump de « l’État profond » s’il éliminait le chef mafieux.   

Au Canada, un Manitobain a été  accusé d’avoir défoncé un portail de Rideau Hall, près des résidences du premier ministre Justin Trudeau et de la gouverneure générale, l’été dernier, alors qu’il était lourdement armé. Corey Hurren avait publié du contenu relié à QAnon sur les réseaux sociaux.  

Au cours des derniers mois, plusieurs individus arrêtés pour avoir menacé  de mort des politiciens québécois partageaient des contenus liés à QAnon sur les réseaux sociaux.

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