L’INSPQ n’a guère d’appétit pour les nouveaux produits du cannabis

MONTRÉAL — L’autorisation d’une gamme de produits du cannabis comestibles et autres «semble une initiative précipitée», affirme l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) dans un mémoire présenté au ministère de la Santé du Québec sur la nouvelle réglementation visant à encadrer ces produits.

L’Institut ne cache pas son manque d’appétit devant la création de ce nouveau marché, qu’il considère comme «une stratégie industrielle destinée à augmenter les ventes et les profits, en recrutant de nouveaux clients ou en visant une hausse des achats de consommation des usagers existants», ajoutant qu’il s’agit là d’une stratégie identique à celle «qui s’est avérée fort efficace pour les industries de l’alcool et du tabac».

L’organisme note avec une certaine inquiétude que ces produits, peu connus du public et beaucoup moins consommés que la forme fumée, posent «plusieurs risques pour la santé».

Parmi ceux-ci, l’INSPQ note que le cannabis ingéré prend une heure ou plus avant de faire effet, comparativement à quelques minutes lorsque fumé, de sorte qu’il est plus difficile de connaître la quantité requise pour avoir l’effet désiré et qu’il est donc plus facile de surconsommer. De plus, l’Institut note qu’à dose équivalente de THC — l’ingrédient psychoactif du cannabis — la forme ingérée peut donner un effet potentiellement plus intense, plus prolongé et plus difficile à anticiper.

L’INSPQ constate que l’industrie travaille à la création de nouveaux produits «dans une perspective de croissance des ventes» et que «les boissons contenant du THC, peu répandues jusqu’à maintenant, constituent l’un des principaux créneaux de développement commercial».

Il suggère à Québec de n’autoriser que la vente de produits comestibles qui goûtent le cannabis pour éviter d’élargir leur attrait et pour prévenir la consommation non intentionnelle et d’interdire complètement toute boisson au cannabis qui soit sucrée.

À ce chapitre, l’Institut applaudit au passage la décision de Québec d’interdire la vente de friandises, de confiseries, de desserts, de chocolats ou de tout autre produit attrayant pour les mineurs et déplore qu’il n’en ait pas fait autant pour les boissons, surtout que «l’industrie présente ce type de produit comme son principal créneau de développement commercial».

L’INSPQ est par ailleurs réconforté de voir l’État maintenir toutes les ventes à l’intérieur des succursales contrôlées par le SQDC et salue la prudence de l’État québécois qui a choisi «de ne pas offrir tout ce que l’industrie peut développer».

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