L’Institut de la statistique du Québec lance l’étude «Grandir au Québec»

MONTRÉAL — L’Institut de la statistique du Québec a annoncé mardi matin le lancement de la deuxième édition de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ).

Plus de 4000 bébés nés en 2020-2021 au Québec et leur famille seront invités à participer à cette étude intitulée Grandir au Québec. Ils seront sélectionnés par l’ISQ et proviendront des quatre coins du Québec.

«Il y a plusieurs aspects qui sont d’intérêt: le développement sur le plan cognitif et scolaire, sur le plan social et émotionnel, sur le plan comportemental, sur le plan des habitudes de vie…, a précisé le professeur Michel Boivin, de l’École de psychologie de l’Université Laval. L’objectif est de faire un suivi au moins sur vingt ans.»

Une telle étude longitudinale permet de suivre le parcours des enfants et d’identifier les facteurs de risque et de protection qui peuvent avoir un impact sur leur développement, leur santé et leur bien-être, par exemple la réussite scolaire, les saines habitudes de vie et les relations sociales harmonieuses.

La nouvelle mouture de l’étude permettra cette fois d’examiner certains effets potentiels de la pandémie sur cette génération née en pleine crise sanitaire mondiale.

Des études de ce genre sont menées à travers le monde depuis longtemps, et certaines se déroulent depuis une cinquantaine d’années. Le défi est souvent de pouvoir continuer à compter sur la collaboration des sujets au fil du temps.

«C’est un engagement généreux (de la part des familles) et c’est une expérience aussi stimulante», a dit M. Boivin.

La première édition de l’ELDEQ est en cours depuis la fin des années 90. Environ 70 % des participants de la première heure y contribueraient toujours. Elle a jusqu’à présent contribué à éclairer une vingtaine de politiques publiques et programmes gouvernementaux.

La nouvelle étude tiendra compte des changements survenus au cours des 20 dernières années, comme l’augmentation de l’âge moyen à la maternité, l’implication accrue des pères, la recomposition des familles, l’augmentation des unions libres et la recherche de l’équilibre famille-travail.

Les nouvelles technologies sont aussi de plus en plus présentes dans la vie des parents et des enfants, que ce soit à la maison, à l’école et même dans les milieux de garde. 

De plus, des services aux familles ont été créés ou bonifiés, notamment le Régime québécois d’assurance parentale, les services de garde éducatifs et, plus récemment, les maternelles 4 ans.

Des rencontres en personne pourront être organisées quand ce sera de nouveau possible, sinon les participants seront appelés à remplir des questionnaires en ligne ou rejoints au téléphone.

On pourra aussi demander aux parents leur autorisation pour consulter le dossier administratif de leur enfant, afin de pouvoir documenter son parcours ou les services auxquels il fait appel.

«C’est une mine d’or pour les gens qui s’intéressent au développement, pour les gens qui s’intéressent à la santé ou à l’éducation de façon générale, a dit M. Boivin. On peut tenter de répondre à la question des facteurs qui rendent les personnes plus susceptibles aux maladies, plus susceptibles de réussir à l’école par exemple… On peut documenter les trajectoires des individus depuis leur naissance.»

La première mouture de l’étude, par exemple, a démontré assez clairement qu’on peut prédire avec une certaine précision le cheminement scolaire d’un enfant à partir des données colligées au préscolaire, a-t-il ajouté.

«On a été en mesure d’évaluer dans quelle mesure le fait d’avoir fréquenté des milieux de garde avait un effet favorable pour le cheminement scolaire, a dit M. Boivin. Plusieurs articles ont été écrits et montrent que la fréquentation d’un milieu de garde de qualité était associée à une plus grande réussite scolaire, particulièrement pour les enfants des milieux défavorisés.»

L’étude Grandir au Québec est réalisée grâce au soutien financier de la Fondation Lucie et André Chagnon, de l’Institut de la statistique du Québec, du Conseil de gestion de l’assurance parentale et de plusieurs ministères.

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Sur internet:

https://statistique.quebec.ca/grandirauquebec/

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