Lise Verreault évaluera la crise à la Commission des droits de la personne

QUÉBEC — La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, confie à une ancienne sous-ministre le mandat d’évaluer la crise à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

Au bureau de la ministre vendredi, on indiquait que Lise Verreault sera chargée d’établir un «diagnostic organisationnel» au sein de la CDPDJ, en plus d’analyser les «diverses composantes concernant la gouvernance, la gestion des délais, la mobilisation du personnel et la communication».  

La Commission des droits de la personne, un organisme indépendant qui relève du ministère de la Justice, est aux prises avec une problématique «qui pourrait éventuellement nuire à sa capacité de mener à bien sa mission première», a affirmé l’attachée de presse de la ministre, Isabelle Marier St-Onge, dans un échange de courriels avec La Presse canadienne. 

«Mme Vallée trouvait important d’identifier rapidement les causes sans pour autant porter atteinte à son indépendance institutionnelle», a-t-elle spécifié, en ajoutant que Mme Verreault portera le titre «d’experte», et non de «vérificatrice». 

Elle aura jusqu’au 15 décembre 2017 pour remettre son rapport.

Entre-temps, le gouvernement devra nommer un président par intérim à la CDPDJ en raison du départ en congé de maladie de Tamara Thermitus.

Celle-ci pourrait s’absenter environ trois semaines, sur la recommandation de son médecin.

C’est que depuis la fin août, plusieurs employés accusent, anonymement, Mme Thermitus d’abus d’autorité et de mauvaise gestion. Elle fait d’ailleurs l’objet d’une enquête du Protecteur du citoyen.

Le Parti québécois (PQ), ainsi que la Coalition avenir Québec (CAQ), ont fait pression auprès du gouvernement pour que la présidente Thermitus se retire le temps des enquêtes.

Selon la CAQ, les allégations sont nombreuses: climat de travail malsain, atmosphère de suspicion et de terreur, intimidation et attitude méprisante de la part de la présidente, trois plaintes pour abus de pouvoir, mauvaise gestion et attitude irrespectueuse déposées au Protecteur du citoyen, détresse psychologique, souffrance, maladie et départs à répétition.

Plusieurs employés ont quitté la commission depuis la nomination de la nouvelle présidente en février, notamment son adjoint et ses deux secrétaires de direction, selon la CAQ. En fait sur 15 postes de direction, il y aurait actuellement huit chaises vides.

De son côté, le ministre de l’Immigration, David Heurtel, a récemment retiré à la CDPDJ le mandat de mener une consultation sur la discrimination systémique et le racisme.

Lise Verreault a notamment été sous-ministre à l’Enseignement supérieur et à la Santé.

À ce stade-ci, la CDPDJ ne fait pas de commentaires, a indiqué par courriel l’agent d’information de la commission, Jean-François Gagnon.