Martine Ouellet tire à boulets rouges sur l’establishment et son chef Gaudreault

QUÉBEC – La candidate à la direction du Parti québécois Martine Ouellet a tiré à boulets rouges sur le chef intérimaire Sylvain Gaudreault, mardi, en raison de son rôle dans la course.

Mme Ouellet a accusé M. Gaudreault de s’être ingéré dans la course lorsqu’il est intervenu auprès d’elle pour critiquer certaines de ses déclarations publiques.

La candidate a également reproché à l’establishment du PQ, auquel elle associe M. Gaudreault, de l’avoir écartée d’une publicité de la formation en raison de ses positions sur le moment d’un référendum.

Dans une mêlée de presse à l’Assemblée nationale, Mme Ouellet a défendu son droit d’intervenir dans les dossiers importants.

Selon Mme Ouellet, M. Gaudreault lui a reproché une conférence de presse conjointe avec Québec solidaire ainsi que des propos critiquant une déclaration du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, au sujet d’un procès.

«Je pense que c’est important, sur des dossiers aussi importants, que les candidats à la chefferie puissent se positionner, c’est ça une course la chefferie, a-t-elle dit. Et de voir que le chef intérimaire essaie de restreindre la liberté de parole, je crois qu’il devrait beaucoup plus parler à mes collègues sur le tort à l’image du Parti québécois, sur les débats qui manquaient de hauteur.»

La semaine dernière, un député du Bloc québécois appuyant Mme Ouellet, Xaver Barsalou-Duval, avait déjà réclamé des excuses du chef intérimaire pour «son manque de neutralité».

De plus, Mme Ouellet a soutenu qu’elle attendait encore des précisions sur le concept d’une publicité lorsqu’elle a constaté que le message était déjà diffusé sur internet.

Alors que 24 membres du caucus péquiste, dont deux autres candidats, apparaissent en disant «je suis Parti québécois», Mme Ouellet souhaitait plutôt déclarer «je suis indépendantiste».

«Je pense que ç’a aurait été préférable d’y aller sur l’indépendance parce que c’est le temps de la convergence», a-t-elle expliqué.

En marge d’une réunion des députés péquistes à Gatineau, à la fin d’août, tous les députés ont participé à l’enregistrement de la publicité, sauf Mme Ouellet.

«La publication de cette vidéo-là, c’est bien dommage, parce que ça nuit à l’image du parti, a-t-elle dit. Franchement, il n’y avait pas d’urgence, on pouvait tout à fait faire l’enregistrement. La publication de cette vidéo, qui n’inclut pas tous les députés, fait mal à l’image du parti.»

Mme Ouellet a attribué ce traitement de la part de l’establishment à sa proposition de tenir un référendum dans un premier mandat.

«C’est le côté ‘statu quo-iste’ de continuer dans les mêmes recettes, de mettre en sourdine l’indépendance pour gagner des élections qui a mené à l’échec de 2014, a-t-elle dit. Ces forces sont quand même en présence depuis une vingtaine d’années au PQ et c’est certain que d’avoir du leadership pour un référendum, ça dérange.»

Selon Mme Ouellet, l’establishment du PQ, dont M. Gaudreault fait partie, est responsable de cette décision qui nuit à la formation.

«C’est sûr, il est chef intérimaire, donc il en fait partie actuellement, a-t-elle dit. Il n’en a pas toujours fait partie, on a eu des belles collaborations dans le passé.»

Dans un point de presse qui a suivi, M. Gaudreault a rejeté les accusations de Mme Ouellet.

«Je suis convaincu de ne pas m’ingérer dans la course à la direction, a-t-il dit. Je suis le chef intérimaire de ce parti, chef de l’aile parlementaire de façon intérimaire et chef de l’opposition officielle. Ma seule responsabilité, c’est de préserver évidemment l’unité du groupe.»

M. Gaudreault a également attribué à Mme Ouellet la seule responsabilité de son absence de la publicité péquiste.

«Tous les députés ont été invités à faire la même chose, a-t-il dit. Mme Ouellet a fait le choix de ne pas le faire à ce moment-là, donc, pour le reste, nous, on fait notre promotion et la campagne de publicité que nous avions prévue pour la rentrée parlementaire.»

Jean-François Lisée, également dans la course, s’est montré du même avis que M. Gaudreault.

«J’ai entendu dire qu’elle n’avait pas voulu faire le tournage, alors ensuite c’est au chef de décider quoi faire avec cette situation», a-t-il dit.