Litige du homard en N.-É.: la flottille mi’kmaq passe de sept à dix bateaux

HALIFAX — Des pêcheurs autochtones ont fait passer leur flotille de sept à dix homardiers pour un total de 500 casiers au large du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, où fomente depuis des années un conflit sur leur droit de pêche. 

La directrice des activités au sein de la nation de Sipekne’katik, Rhonda Knockwood, affirme que la communauté a poursuivi sa pêche dans la baie Sainte-Marie au cours du weekend et de la journée de lundi avec cinq bateaux à l’eau, deux en réparation et trois autres autorisés par la bande.

Au début de cette petite opération de pêche, le 17 septembre dernier, leur flottille comptait sept embaracations avec 50 casiers chacune, pour un total de 350 casiers.

Les Mi’kmaqs s’appuient sur un arrêt de la Cour suprême du Canada qui a confirmé il y a 21 ans leur droit de pêcher pour s’assurer une subsistance convenable. Le plus haut tribunal au pays avait également statué que le gouvernement fédéral peut encadrer ce droit à des fins de conservation, en consultation avec les communautés autochtones concernées.

L’opération de pêche de la nation de Sipekne’katik n’équivaut qu’à une petite fraction des permis commerciaux accordés dans la zone de pêche de la baie de Sainte-Marie.

Le site web du ministère fédéral des Pêches fait état, en date de décembre 2018, de pas moins de 979 permis de pêche délivrés dans la zone, assortis pour la plupart de 375 à 400 casiers chacun, ce qui signifie que deux grands bateaux commerciaux équivaudraient à la totalité de la pêche mi’kmaq actuelle.

Des pêcheurs non autochtones y opposent tout de même une résistance, arguant qu’elle ne devrait pas avoir lieu en dehors de la saison réglementaire.

Quelque 350 casiers installés par la communauté mi’kmaq ont même été retirés des eaux par des pêcheurs non autochtones au cours du week-end du 19 au 20 septembre dernier.

Colin Sproul, de l’Association des pêcheurs côtiers de la baie de Fundy, a plaidé que la saison de pêche au homard dans la baie de Sainte-Marie ne commence qu’à la fin novembre afin de permettre aux crustacés de s’accoupler et éviter de nuire à leurs stocks.

M. Sproul n’a pas pu être joint par La Presse Canadienne lundi.

Dans un communiqué transmis la semaine dernière, le chef de la nation de Sipekne’katik, Mike Sack, a déclaré que le prochain défi pour sa communauté sera de faire modifier les lois provinciales qui compliquent la tâche des pêcheurs autochtones désireux de vendre leurs prises.

Il est actuellement illégal d’acheter du homard capturé en dehors de la saison de pêche commerciale, a-t-il reconnu, en demandant une rencontre avec le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, pour mieux définir ce qui constitue une «subsistance convenable».

Le ministère néo-écossais des Pêches soutient pour sa part qu’il incombe à Ottawa et aux Mi’kmaq de s’entendre sur cette notion, car la province s’appuie sur la réglementation fédérale pour définir ce qui peut légalement être acheté et vendu.

Entre-temps, Rhonda Knockwood rapporte que les pêcheurs non autochtones ont mis fin à leur gestes de confrontation sur les eaux.

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