Livraisons de vaccins: O’Toole presse Trudeau d’appeler le PDG de Pfizer

OTTAWA — Le chef conservateur Erin O’Toole presse le premier ministre Justin Trudeau de prendre le téléphone et d’appeler le président et chef de la direction de Pfizer, Albert Bourla, afin d’exiger des réponses sur les délais anticipés des livraisons de vaccins.  

«La semaine prochaine, le Canada ne recevra aucune dose du vaccin de Pfizer. Pourtant, Justin Trudeau n’a même pas téléphoné au PDG de la société de fabrication du vaccin. Dire que c’est un échec de leadership est un euphémisme», a critiqué M. O’Toole par voie de communiqué. 

«Il doit le faire maintenant. Les Canadiens ne peuvent pas attendre», a-t-il ajouté. 

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, l’a déjà fait, lui, avec le président de Pfizer Canada, Cole Pinnow.

«Il a réitéré les sérieux impacts que ces livraisons annulées auront pour l’Ontario et a cherché à savoir pourquoi le Canada ne recevra pas des vaccins aussi rapidement que d’autres pays», a décrit la porte-parole de M. Ford, Ivana Yelich, dans un courriel à La Presse Canadienne. 

La compagnie pharmaceutique avait déjà informé le Canada que des retards étaient à prévoir alors que Pfizer agrandit son usine en Belgique pour accélérer sa capacité de production. 

Les dirigeants européens étaient si furieux de l’annonce de Pfizer, la semaine dernière, que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé directement le PDG de la société. Par la suite, Pfizer a annoncé que ses livraisons en Europe ne seraient affectées que pour cette semaine.

Il semblerait que seul le Canada sera affecté jusqu’à la mi-février.

Puis, mardi, une autre tuile s’est abattue sur le Canada. M. Trudeau a laissé le soin au major général Dany Fortin, en charge de la distribution des vaccins au pays, d’annoncer que le Canada ne recevra pas de vaccins de Pfizer la semaine prochaine au lieu du quart des doses qui étaient prévues. 

M. Fortin a dit ne toujours pas savoir combien de doses étaient attendues pour les deux premières semaines de février. 

Cette nouvelle a été mal reçue par les provinces, qui ont déjà eu à revoir leurs plans de vaccination pour s’adapter aux retards de livraisons de Pfizer, et les partis d’opposition à Ottawa qui ont critiqué le manque de leadership du gouvernement fédéral. 

Puis, tard en soirée, mardi, le bureau de M. Trudeau a révélé qu’il avait eu un appel avec le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour discuter des meilleures pratiques en matière de vaccination. Cette conversation n’était pas prévue à l’horaire de M. Trudeau à l’origine. 

«Ils ont souligné le rôle essentiel que jouent les vaccins sûrs et efficaces dans les efforts déployés pour maîtriser la pandémie et y mettre fin à travers le monde. Ils ont également échangé leurs points de vue sur des stratégies efficaces pour le déploiement des vaccins», peut-on lire dans le compte-rendu. 

Rappelons que M. Netanyahu s’est vanté d’avoir eu pas moins de 17 conversations avec le grand patron de Pfizer, Albert Bourla, qu’il décrit comme un «ami». Israël mène également le bal de la vaccination sur la scène mondiale; plus de 20 % de sa population est vaccinée. 

Il n’a pas été possible de savoir, mercredi après-midi, si un appel était prévu entre M. Trudeau et un représentant de Pfizer. 

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