L’OACI interdit les cargaisons aériennes de batteries au lithium

WASHINGTON – Des cargaisons de batteries au lithium rechargeables utilisées dans de nombreux produits de consommations ne devraient plus être admises sur les avions commerciaux de passagers, car elles peuvent déclencher des incendies d’une intensité capable de détruire l’appareil, a conclu l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

La décision, annoncée tard lundi, n’est pas contraignante, bien que la plupart des pays suivent les recommandations émanant de l’agence onusienne basée à Montréal. L’interdiction sera en vigueur le 1er avril.

Cette «interdiction intérimaire» sera en vigueur jusqu’à ce qu’une nouvelle exigence d’emballage des batteries au lithium soit fixée. L’OACI s’attend à compléter le travail en 2018.

D’après l’administration américaine de l’aviation, les avions à destination et en partance des États-Unis qui acceptent les cargaisons des piles touchées par la décision transportent 26 millions de passagers par année.

En 2012, une loi adoptée par le Congrès américain à la demande de l’industrie interdit au département des Transports d’imposer des règles sur les cargaisons de batteries au lithium plus sévères que les exigences de l’OACI, à moins qu’un accident qui survienne ne soit dû à leur présence à bord. Puisque les preuves dans les écrasements d’avion sont détruites par le feu, c’est pratiquement impossible à prouver, affirment toutefois des détracteurs de cette loi.

La majorité des quelque 5,4 milliards de batteries au lithium fabriquées en 2014 ont été expédiées par bateau, mais environ 30 pour cent sont transportées par voie aérienne. Elles sont utilisées dans de nombreux produits, notamment les téléphones cellulaires, les ordinateurs portables et les voitures électriques.

L’interdiction ne s’applique pas dans les cas où les batteries sont contenues dans des équipements, comme celles contenues à l’intérieur des ordinateurs portables.

L’association américaine des batteries rechargeables, la PRBA, s’opposait à une telle réglementation de la part de l’OACI. Par voie de communiqué, elle a affirmé que l’industrie se préparait à se plier à la décision, mais qu’il fallait s’attendre à «une interruption importante dans la chaîne d’approvisionnement et de logistique», spécialement pour les batteries contenues dans les équipements médicaux.

Les batteries rechargeables au lithium peuvent s’enflammer et créer des feux d’une température supérieure à 590 degrés Celsius, ce qui est près du point de fusion de l’aluminium, qui est utilisé dans la construction des avions.

Depuis 2006, trois avions cargo ont été détruits et quatre pilotes, tués dans des incendies en vol. Selon les enquêteurs, ces incendies sont dus à des batteries ou ont été aggravés par leur présence à bord. La fédération internationale des associations de pilotes aériens, aussi basée à Montréal, a fait pression auprès de l’OACI — en vain — pour que l’interdiction soit également imposée aux transporteurs aériens de marchandises.