Locataires sans logement au 1er juillet: il s’agit de la pire année, selon le FRAPRU

MONTRÉAL — Au moins 500 ménages n’ont toujours pas trouvé de logement au lendemain du 1er juillet, déplore le FRAPRU, qui souligne qu’il s’agit de la pire année depuis 20 ans.

Et cette estimation est vraisemblablement bien en deçà du nombre réel de locataires qui n’ont actuellement pas encore signé de bail: dans son bilan annuel, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ne compte que les ménages ayant fait appel aux services d’aide mis en place par les municipalités.

Il exclut ainsi ceux qui ne les ont pas contactés parce qu’il n’y en avait pas dans leur municipalité ou parce qu’ils se sont débrouillés par leurs propres moyens.

L’an dernier, l’organisme n’avait recensé que 350 ménages mal pris après le 1er juillet, la «journée officielle» des déménagements au Québec. 

Actuellement, l’organisme recense une centaine de ménages sans logement à Montréal, 75 à Drummondville et 73 à Sherbrooke, entre autres villes.

«Au FRAPRU, on n’a jamais vu ça», a lancé sa porte-parole, Véronique Laflamme.

En entrevue, elle a expliqué que la situation qui «s’envenime» a deux facettes: la pénurie de logements et leur coût élevé, ce qui les rend hors de portée des familles ou des personnes seules avec des revenus modestes.

Selon elle, les ménages sans bail au 1er juillet ne sont que la pointe de l’iceberg. 

Car beaucoup paient des loyers au-dessus de leurs moyens et doivent se priver d’autres besoins essentiels: ils coupent, par exemple, dans leur panier d’épicerie. Le recours aux banques alimentaires ne cesse d’augmenter, constate Mme Laflamme, et c’est en partie causé par le coût élevé des logements. «Les gens s’appauvrissent.»

Ceux qui n’ont pas encore trouvé de chez soi habitent temporairement chez des proches, dorment dans leur voiture ou ont obtenu de l’aide de leur municipalité, indique-t-elle.

Ainsi, le FRAPRU se réjouit que davantage de municipalités se soient dotées d’un service d’aide d’urgence pour les ménages sans logis. À Montréal, en plus d’offrir de l’hébergement temporaire (par exemple à l’hôtel), la Ville accorde de l’aide pour l’entreposage des biens et pour le déménagement, «ce qui a permis de soulager les locataires aux prises avec une réalité déjà stressante».

Le regroupement apprécie également les améliorations apportées par le gouvernement du Québec à son programme d’aide d’urgence. Mais, selon lui, les mesures d’aide ont été annoncées trop tardivement pour bien des gens qui ont accepté des solutions inadéquates, dont des logements insalubres ou trop petits, pour ne pas se retrouver à la rue.

Et ces mesures d’urgence, «bien que nécessaires», ne sont qu’un pansement temporaire: il faut agir sur les causes de cette crise du logement qui est bien réelle, ajoute l’organisme. Il faut plus de logements sociaux abordables ainsi que des coopératives d’habitations.

Le FRAPRU lance ainsi un appel au gouvernement de François Legault: il lui demande de lancer un chantier de logements sociaux à hauteur de 50 000 sur cinq ans, d’effectuer des investissements supplémentaires dans son programme AccèsLogis, en plus de trouver des solutions pour mieux protéger les locataires contre les «rénovictions» et les hausses de loyer démesurées.

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a assuré dans un message publié sur Twitter vendredi que «tous les Québécois qui ont demandé de l’aide sont maintenant dans un logement qui correspond à leurs besoins ou hébergés le temps que nos équipes trouvent un chez-soi convenable». 

Pour ceux qui sont toujours à la recherche d’un toit, elle les invite à contacter leur office d’habitation ou à composer la ligne d’aide 1 800-463-4315 de la Société d’habitation du Québec. «Des personnes peuvent vous aider, des logements sont répertoriés et, en cas de besoin, de l’hébergement temporaire est possible», ajoute-t-elle. Exceptionnellement, le personnel prend les appels ce samedi et dimanche.

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