Lock-out chez ABI: le syndicat porte sa cause à l’international là où est Alcoa

MONTRÉAL — Le syndicat des travailleurs d’ABI va étendre sa cause sur la scène internationale pour viser la multinationale Alcoa, par le biais du grand syndicat des Métallos auquel il est rattaché.

Il jouit déjà de l’appui du président international du syndicat des Métallos, Leo Girard. Et vendredi soir, le président du syndicat des travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour, Clément Masse, se dirigera vers l’Australie pour s’adresser aux délégués de l’Australian Workers Union, le syndicat qui représente les travailleurs de Rio Tinto et Alcoa sur ce continent. ABI est propriété à 75 pour cent d’Alcoa et à 25 pour cent de Rio Tinto.

Le syndicat des travailleurs d’ABI est en fait la section locale 9700 du syndicat des Métallos, qui est affilié à la FTQ au Québec, et qui a aussi des liens avec le United Steelworkers aux États-Unis.

M. Masse s’est rendu à Vancouver, il y a quelques jours, dans le cadre du congrès du syndicat des Métallos, pour parler du lock-out des quelque 1000 travailleurs qui sévit à l’Aluminerie de Bécancour depuis près de 15 mois. C’est à cette occasion que les dirigeants des Métallos de l’Amérique du Nord ont annoncé une campagne mondiale pour soutenir les lock-outés d’ABI.

«Là où Alcoa a des installations, des fournisseurs, des clients, nous irons. Ça prendra le temps qu’il faut, mais on va leur montrer qu’ils doivent conclure un contrat négocié avec les travailleurs d’ABI», a affirmé le président du syndicat international des Métallos, Leo Girard, par voie de communiqué.

Les travailleurs en lock-out doivent également se rendre à Pittsburgh, le 8 mai, pour l’assemblée des actionnaires d’Alcoa.

Les 1030 travailleurs d’ABI ont été mis en lock-out par la direction le 11 janvier 2018. Les négociations sont au point mort; la dernière tentative de conciliation, plus tôt cette semaine, a échoué.

Mercredi, la direction d’ABI a fait savoir que pour redémarrer son aluminerie, le syndicat devrait répondre à sa satisfaction à cinq demandes.

Celles-ci portent sur la réorganisation du travail pour obtenir plus de flexibilité de la part des travailleurs, la réduction de l’absentéisme, les libérations pour activités syndicales, les contributions au régime de retraite et la stabilité de la main-d’oeuvre.

«La direction d’ABI aimerait voir l’aluminerie redémarrer, mais un accord sur les précédents éléments fondamentaux doit tout d’abord être conclu avec le syndicat», avait-elle affirmé.

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