Les péquistes acceptent l’imposition de la Loi 101 au cégep, Roy se prononce contre

QUÉBEC — Les militants péquistes ont voté massivement dimanche en faveur de l’imposition de la loi 101 au réseau collégial. 

Ils se sont prononcés à 94 pour cent pour cette proposition controversée de leur aile jeunesse au cours d’un conseil national qui se tenait de façon virtuelle en matinée. Il reste maintenant au congrès prévu l’automne prochain à l’entériner.

Concrètement, les péquistes exigent de rendre obligatoire pour les francophones la fréquentation d’un établissement collégial en français. 

Un des huit élus du caucus péquiste a manifesté son opposition: le député de Bonaventure, Sylvain Roy, a indiqué au Devoir qu’une telle mesure n’aura pas un impact significatif pour freiner le déclin de la langue française.

«Nous sommes un parti démocratique: soit je ne donne pas le droit de voter librement aux membres et aux députés, soit ce droit est exercé librement et ça donne un résultat démocratique», a expliqué le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon en conférence de presse au terme du conseil national.

Personne n’a pris la parole pour s’opposer à la proposition. À peine trois pour cent ont voté contre et trois pour cent se sont abstenus. Selon les informations du parti, sur les 223 délégués branchés sur la plate-forme, 200 ont voté en faveur.    

Autrefois opposé à cette mesure, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon avait déjà fait connaître sa volte-face, puisque selon lui le contexte avait changé. Pas moins de 64 % des élèves inscrits dans les cégeps anglais sont des francophones et allophones, a-t-il indiqué. 

Un «débat légitime»

«On voit dans l’ensemble de la société québécoise un débat légitime par rapport au déclin de la langue française est c’est une source de préoccupation pour un très grand nombre de Québécois. (…) On est dans une réflexion et le Parti québécois arrive avec des réponses qui sont très claires.»

Mais si les militants appuient fortement un tel resserrement de la loi 101, la population est-elle du même avis, si autant de francophones s’inscrivent au cégep anglais?

«On sait que la protection du français est un enjeu important pour la grande majorité des Québécois, alors qui devrions-nous sonder? Seulement les étudiants inscrits au collégial anglophone?(…)  Un sondage n’est pas une façon pour un parti d’adopter une mesure ou une proposition.»

Les chances sont «très élevées» que la mesure soit adoptée au congrès de l’automne, étant donné cet appui quasi unanime des délégués, a estimé le chef péquiste, qui conclut que l’aile parlementaire a déjà carte blanche pour la défendre à l’Assemblée nationale.

Projet de loi

La proposition sera donc intégrée dans un projet de loi à venir bientôt sur le français. Le PQ veut ainsi soumettre ses idées en vue de la réforme de la loi 101 promise par le gouvernement caquiste. 

Le débat sur l’élargissement de la loi 101 au réseau collégial est pratiquement aussi vieux que la loi elle-même. Une des réticences les plus souvent évoquées tient au fait qu’il s’agirait d’imposer le choix du cégep en français à des jeunes qui ont atteint l’âge de la majorité ou qui sont en voie de l’atteindre. 

Le débat a longtemps divisé le PQ. Dans les années 2000, le député Pierre Curzi était l’ardent promoteur de cette proposition et elle figurait au programme du gouvernement Marois élu en 2012. Par la suite, elle a été retirée du programme durant les années du chef Jean-François Lisée.

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