Loi 101: Québec et l’opposition à Ottawa pressent le gouvernement Trudeau

OTTAWA — La journée de mardi a été ponctuée de tentatives afin de convaincre le gouvernement Trudeau d’appliquer la Charte de la langue française, communément appelée loi 101, aux entreprises de compétence fédérale. 

Le comité des langues officielles de la Chambre des communes a pour sa part trouvé comment occuper son temps jusqu’au congé des Fêtes après moult tergiversations. 

Mardi matin, le Bloc québécois déposait un projet de loi d’initiative parlementaire visant à assujettir les entreprises de compétence fédérale oeuvrant au Québec — comme les banques et les entreprises de télécommunications — à la loi 101. 

Quelques heures plus tard, deux motions étaient déposées en ce sens — une à Québec, une à Ottawa. 

Le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a obtenu l’unanimité de l’Assemblée nationale afin d’exiger «du gouvernement du Canada qu’il s’engage formellement à travailler avec le Québec» à réaliser cet objectif. 

À peu près au même moment, le néo-démocrate Alexandre Boulerice a tenté de faire adopter une motion semblable à la Chambre des communes — sans succès. 

Le premier ministre Justin Trudeau en a surpris plus d’un, la semaine dernière, en affirmant qu’il appuie la loi 101. Mardi, M. Trudeau n’a pas voulu s’avancer sur l’idée d’étendre la loi québécoise aux entreprises de compétence fédérale. 

«Nous allons regarder ce que ça va prendre pour protéger le fait français au Québec et partout au Canada. (…) On va regarder les différentes propositions (de Québec) et prendre nos décisions en conséquence», a-t-il dit en conférence de presse. 

Le Bloc québécois a saisi la balle au bond, lors de la période de questions de mardi. 

«Le premier ministre a déclaré qu’il appuie la loi 101. Maintenant, il faut qu’il en fasse la preuve. (…) Est-ce que le gouvernement va arrêter de tergiverser et dire, si oui ou non, il va appuyer notre projet de loi?» a demandé Mario Beaulieu.

«Pourquoi le Bloc québécois cherche à tout prix la chicane?» a répliqué Mélanie Joly, ministre des Langues officielles.  

Lambropoulos remplacée

Par ailleurs, la députée libérale Emmanuella Lambropoulos n’est officiellement plus membre du comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes. 

Mme Lambropoulos avait décidé de céder sa place après avoir mis en doute le déclin du français à Montréal et au Québec. Ses propos ont suscité une tempête politique et elle a été obligée de s’excuser. 

Sa tentative de démission, lors de la précédente réunion du comité, jeudi dernier, avait cependant échoué parce qu’elle était non conforme aux procédures parlementaires. C’est le whip de chaque parti qui désigne qui siège sur quel comité.

La fin du mandat de Mme Lambropoulos sur le comité des langues officielles a été confirmée vendredi dernier. C’est sa collègue Soraya Martinez Ferrada, députée de Hochelaga, qui a pris sa place.

Invitée à partager sa vision des langues officielles, Mme Martinez Ferrada a plutôt offert une déclaration écrite à La Presse Canadienne. 

«Je reconnais les défis auxquels est confrontée la langue française. (…) Les francophones sont minoritaires en Amérique du Nord et il est donc essentiel de protéger et de promouvoir le français non seulement à l’extérieur du Québec, mais également au Québec», a-t-elle écrit, reprenant des lignes du discours du Trône. 

Après sept réunions sans avancées concrètes, les membres du comité des langues officielles se sont enfin entendus, mardi, pour entamer deux études en simultané. 

La première portera sur les services dans les deux langues officielles en pandémie et la deuxième, sur le déclin du français au Québec et au Canada. 

Les députés fédéraux n’ont pas fini de parler de ce sujet, puisqu’il y aura un «débat exploratoire» sur la situation de la langue française à la Chambre des communes mercredi. 

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