L’ombudsman de l’armée fustige le traitement aux réservistes et aux Rangers

OTTAWA — L’ombudsman des Forces armées canadiennes, Gregory Lick, critique le traitement réservé par l’armée aux réservistes et aux Rangers canadiens qui sont malades ou qui ont été blessés, affirmant qu’elle ne parvient pas à combler les lacunes qui persistent depuis longtemps pour les soldats canadiens à temps partiel.

Ces lacunes ont été identifiées pour la première fois par le bureau de l’ombudsman au cours de quatre enquêtes distinctes menées entre 2015 et 2017; l’armée avait alors promis d’agir en mettant en œuvre neuf recommandations de suivi.

Mais dans un nouveau rapport publié lundi soir, le bureau de l’ombudsman a constaté qu’aucune des neuf recommandations n’avait été pleinement mise en œuvre au cours des cinq dernières années.

« Certes, je suis déçu qu’ils n’aient pas été en mesure d’agir ou de progresser sur toutes les recommandations », a exprimé Gregory Lick dans une interview. « Il y a neuf recommandations sur les quatre rapports, et aucune n’a été entièrement mise en œuvre. »

Le rapport de l’ombudsman intervient alors que l’armée est aux prises avec une crise du personnel, avec environ 10 000 postes vacants, ce qui représente environ un poste sur 10. La pénurie est particulièrement aiguë dans les rangs intermédiaires.

La situation est devenue si grave que le chef d’état-major de la défense, le général Wayne Eyre, a émis un ordre plus tôt en octobre, faisant du recrutement et de la rétention du personnel la priorité absolue de l’armée.

Résoudre les problèmes identifiés par son bureau aiderait à ces efforts, selon l’ombudsman Lick, en particulier dans la rétention des réservistes et des rangers expérimentés qui pourraient autrement raccrocher leurs uniformes en raison de maladies et de blessures non traitées.

« S’ils souhaitent faire du mouvement et faire de grands progrès _ dont ils ont besoin _ sur la reconstitution des Forces, la force de réserve en étant un élément important, ils doivent obtenir les bases correctes. Faire des progrès sur nos recommandations, cela constituera une base plus solide et meilleure pour aller de l’avant avec la reconstitution », a-t-il dit.

Les études précédentes de l’ombudsman ont identifié des lacunes dans le signalement, le traitement et l’indemnisation des maladies et des blessures subies par les réservistes et les rangers, qui opèrent principalement dans le Nord à temps partiel, en raison de leurs fonctions militaires.

Les lacunes incluent un manque de suivi après le déploiement des réservistes sur des tâches militaires, une bureaucratie excessive pour demander de l’aide et une compensation de même que des problèmes avec l’armée qui ne communique pas sur l’aide disponible.

La mise à jour intervient alors que de nombreux réservistes sont invités à intensifier leurs missions tant au Canada qu’à l’étranger. Cela comprend le récent déploiement d’environ 700 militaires à temps partiel au Canada atlantique après le déferlement de la tempête post-tropicale Fiona.

La semaine dernière, des commandants supérieurs se sont exprimés devant les membres du Comité permanent de la Défense nationale de la Chambre des communes sur l’impact de la pénurie actuelle de membres à temps plein et à temps partiel des Forces armées canadiennes sur l’ensemble de l’armée.

«Nous faisons des choix difficiles sur ce que nous pouvons faire pour les opérations», a alors déclaré le lieutenant-général, commandant de l’Aviation royale canadienne, Éric Kenny.

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