L’OMS s’inquiète de la situation sanitaire en Chine et questionne les données

GENÈVE, Suisse — L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est «préoccupée par les risques pour la vie en Chine» et s’inquiète du manque de données fournies par le gouvernement chinois au moment où le pays est aux prises avec une augmentation fulgurante de ses cas de COVID-19.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué mercredi que l’agence avait récemment rencontré des responsables chinois pour souligner l’importance de partager plus de détails sur la transmission de la COVID-19, y compris les taux d’hospitalisation et les séquences génétiques.

«Les données restent essentielles pour que l’OMS procède à des évaluations régulières, rapides et fiables des risques pour la situation mondiale», a rappelé M. Tedros lors d’un point de presse.

M. Tedros a d’ailleurs affirmé qu’il comprend pourquoi de nombreux pays, dont le Canada et les États-Unis, ont récemment pris des mesures contre les voyageurs en provenance de Chine. Il a estimé qu’il est «compréhensible que certains pays prennent des mesures pour protéger leurs citoyens» étant donné le manque d’informations sur la COVID-19 divulguées par la Chine.

Le directeur exécutif chargé de la gestion des situations d’urgence sanitaire pour l’OMS, le Dr Michael Ryan, a quant à lui rappelé que les exigences de tests de dépistage pour les voyageurs en provenance de Chine ne restreignaient pas les déplacements.

«Ce n’est pas une mesure excessive quand l’on regarde l’évaluation des risques faite par chaque pays», a estimé M. Ryan.

Il a aussi noté qu’au cours des trois dernières années, la Chine a appliqué certaines des règles les plus strictes au monde concernant la COVID-19. «La réalité pour la Chine est que de nombreux pays (estiment maintenant) qu’ils ne disposent pas de suffisamment d’informations pour fonder leur évaluation des risques», a-t-il précisé.

La Chine promet une riposte

Plus tôt cette semaine, des responsables chinois ont fustigé les exigences de tests imposées aux voyageurs en provenance de Chine et ont menacé de prendre des contre-mesures contre les pays impliqués.

«Nous pensons que les restrictions d’entrée adoptées par certains pays visant la Chine manquent de fondement scientifique, et certaines pratiques excessives sont encore plus inacceptables», a déclaré mardi la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, lors d’un point de presse.

M. Ryan, de l’OMS, a ajouté qu’il y a aussi des inquiétudes quant à la façon dont les autorités chinoises comptabilisent les décès liés au coronavirus.

En décembre, la Chine n’a enregistré que 13 décès officiels liés à la COVID-19, malgré plusieurs milliers de cas chaque jour et des urgences qui débordent partout au pays.

Un groupe d’experts de l’OMS a indiqué mercredi qu’aucun nouveau variant inquiétant de la COVID-19 n’a pour l’instant été identifié en Chine, sur la base des informations communiquées par les autorités locales. Les sous-variants d’Omicron représenteraient plus de 97 % de toutes les infections, selon les données obtenues par l’OMS.

La responsable technique de l’OMS sur la COVID-19, Maria Van Kerkhove, a cependant mentionné que l’agence évalue actuellement l’importance du variant XBB.1.5, qui s’est répandu récemment aux États-Unis.

«On veut vérifier à quel point il est transmissible», a précisé Mme Van Kerkhove. «Plus ce virus circule, plus il aura de chances de muter», a-t-elle rappelé.

Mme Van Kerkhove a souligné que rien ne prouve présentement que le variant XBB.1.5 provoque une maladie plus grave, mais que l’OMS travaille sur une nouvelle évaluation des risques liés à ce variant qui sera publiée prochainement.

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