L’OMS s’inquiète des prix et de la disponibilité des équipements personnels de protection

MONTRÉAL — L’Organisation mondiale de la Santé s’est inquiétée vendredi de la disponibilité des équipements de protection dont ont besoin les travailleurs de la santé qui combattent le coronavirus et de prix qui, dans certains cas, ont bondi de 10 000 %.

Le directeur général de l’OMS, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, a prévenu que «le marché planétaire de l’équipement personnel de protection est en grand dérangement», avec une demande qui serait jusqu’à cent fois plus forte que la normale.

Il a aussi mentionné des prix jusqu’à vingt fois plus élevés que d’habitude. Quelques minutes plus tard, le directeur exécutif chargé du Programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire, le docteur Michael Ryan, a mentionné que le prix de certains équipements, comme les masques, s’est multiplié par cent depuis le début de la crise.

«Cette situation a été exacerbée par une utilisation répandue et inappropriée de l’équipement personnel de protection, autrement que pour les soins des patients, a dit le docteur Tedros. Conséquemment, les stocks sont épuisés et les carnets de commandes ont des retards de quatre ou six mois.»

Il a ajouté que l’OMS décourage l’accumulation des stocks d’équipements personnels de protection dans les pays ou les régions où la transmission du virus 2019-nCoV est faible.

Paraissant irrité par la situation, le docteur Ryan a rappelé qu’il y a un «risque de dérangement ou de mercantilisme ou de diversion» à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement.

«Ce n’est pas un problème simple à régler, a-t-il dit. Il y a des forces normales sur le marché, mais elles doivent être contrôlées. On devrait examiner quelle quantité minimum d’équipement doit être protégée et dirigée vers [ceux] qui en ont besoin pour les prochains mois. Ça ne devrait pas être trop difficile à faire.

«Il y a encore amplement de profits à faire, mais on doit s’assurer que le bon équipement va aux bonnes personnes au bon moment. Je pense que les secteurs public et privé devraient s’entendre là-dessus.»

Cette pénurie d’équipement pourrait aussi avoir des répercussions sur les travailleurs de la santé qui combattent d’autres épidémies, comme l’Ebola ou la fièvre de Lassa, a lancé le docteur Ryan.

L’OMS a évoqué vendredi un peu plus de 31 200 cas confirmés en Chine, dont 637 décès. On recense également 270 infections dans 24 pays et un décès à l’extérieur de la Chine.

C’est la deuxième journée de suite que l’OMS rapporte un déclin du nombre de nouveaux cas confirmés en Chine.

«Ce sont de bonnes nouvelles, mais nous vous mettons en garde de ne pas en exagérer l’importance. Les chiffres pourraient recommencer à grimper», a prévenu le docteur Tedros.

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