L’Ontario assouplit les règles pour les visites dans les foyers de soins

TORONTO — L’Ontario modifie sa façon de financer la création de lits de soins de longue durée afin d’accélérer la cadence, alors que la province assouplit les règles strictes de visites dans les foyers, qui ont été durement touchés par la COVID-19 dans cette province, comme au Québec.

Le premier ministre Doug Ford a annoncé les changements mercredi, à l’Assemblée législative, en reconnaissant que la pandémie avait mis en évidence les lacunes du système de soins de longue durée de la province — notamment une grave pénurie de lits, que son gouvernement avait promis à plusieurs reprises de corriger au cours des deux dernières années.

«Ce dont nous avons besoin, c’est d’un investissement important dans le secteur des soins de longue durée», a-t-il déclaré. «Nous devons démolir ou rénover de vieux foyers et nous devons en construire de nouveaux. Nous avons besoin de milliers de nouveaux lits de soins de longue durée, et nous en avons besoin rapidement.»

Le gouvernement Ford a également promis que les nouveaux établissements et ceux en cours de rénovation disposeront tous de la climatisation. Les responsables n’ont pas pu chiffrer cette mesure ou fournir un échéancier d’installation.

Les foyers de soins de longue durée en Ontario ont été durement éprouvés par la pandémie de COVID-19; des éclosions ont tué plus de 1700 personnes, et le gouvernement a créé une commission d’enquête.

Déjà, il y a deux ans, en juillet 2018, le premier ministre Doug Ford avait promis de consacrer 1,75 milliard $ pour créer 15 000 nouveaux lits de soins de longue durée sur cinq ans et rénover 15 000 places existantes.

Des visites facilitées

De son côté, la ministre des Soins de longue durée a annoncé un assouplissement des règles qui encadrent les visites dans les foyers. Merrilee Fullerton a précisé qu’une personne qui visite un résident à l’extérieur d’un foyer de soins de longue durée n’aura plus besoin d’attester qu’elle a subi un test de dépistage au cours des deux semaines précédentes.

Les visites à l’intérieur des foyers, qui sont actuellement limitées aux travailleurs essentiels et aux proches des patients aux soins palliatifs, seront autorisées à compter du 22 juillet, avec une limite de deux personnes par visite. Ces personnes devront par contre attester qu’elles ont subi un test de dépistage au cours des deux semaines précédentes. Les aidants naturels seront eux aussi autorisés à revenir dans les foyers.

Entre-temps, l’Ontario signalait mercredi 102 nouveaux cas de COVID-19 et neuf décès supplémentaires liés au virus. Le nombre total de cas depuis le début de la pandémie s’élève maintenant à 37 052 en Ontario, dont 2732 décès et 32 920 cas considérés comme résolus.

Le nombre de cas résolus a par ailleurs augmenté de 135 mercredi, dépassant le nombre de nouveaux cas enregistrés; le nombre de personnes hospitalisées a quant à lui baissé d’une vingtaine. L’Ontario a d’autre part signalé une légère augmentation du nombre de personnes aux soins intensifs et sous respirateur. Le ministère de la Santé a indiqué que plus de 23 000 personnes avaient été testées la veille.

Une rentrée scolaire inédite… et coûteuse

Par ailleurs, le plus important conseil scolaire de l’Ontario estime qu’un des scénarios de retour complet à l’école en septembre coûterait 250 millions $ pour les écoles élémentaires seulement.

Le ministère de l’Éducation a demandé aux conseils scolaires de lui fournir d’ici le 4 août leurs plans pour la prochaine rentrée scolaire, qui sera inédite.

Le Conseil scolaire de Toronto prévoit que si les élèves du primaire sont divisés en classes de 15 et qu’il n’y a pas de changement aux horaires, il devra embaucher près de 2500 enseignants, une dépense de 248,9 millions $. Si la journée d’école était réduite de 48 minutes, le Conseil devrait embaucher 988 enseignants et le coût serait alors ramené à 98,5 millions $.

Enfin, si les plus jeunes élèves du primaire étaient regroupés en classes de 15 et les plus vieux en classes de 20, on ne devrait embaucher que 200 enseignants supplémentaires, au coût de 20 millions $, estime le Conseil. Par contre, ce scénario prévoit la suppression des cours de français, car il n’y aurait pas assez de personnel pour les donner, admet le Conseil scolaire de Toronto.

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