L’Ontario débat d’une loi spéciale pour empêcher la grève dans des écoles

TORONTO — L’Assemblée législative de l’Ontario siège depuis 5 h mardi matin pour débattre d’un projet de loi spéciale du gouvernement qui imposerait des conventions collectives à 55 000 travailleurs de l’éducation — et leur interdirait de déclencher la grève vendredi.

Le projet de loi a recours à la disposition de dérogation afin de suspendre les droits constitutionnels des travailleurs. Le gouvernement de Doug Ford espère que la loi spéciale pourra être adoptée d’ici la fin de la semaine, avant le déclenchement de la grève annoncée par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Lors de la période des questions à l’Assemblée législative, mardi matin, M. Ford a soutenu que l’offre du gouvernement était «très équitable». Le premier ministre a ajouté qu’il se souciait davantage du sort des travailleurs de première ligne que des privilèges de leurs dirigeants syndicaux.

«Nous ne voulons pas engraisser la haute direction du SCFP. Nous faisons une distinction entre le syndicalisme et le leadership syndical: je pense que les syndicats doivent se donner de nouveaux dirigeants», a-t-il estimé.

Plus de 96 % des travailleurs de l’éducation membres du SCFP ont voté en faveur d’une grève.

Le SCFP a déclaré que les quelque 55 000 travailleurs de l’éducation qu’il représente – les éducatrices en garderies, les bibliothécaires et les adjoints d’enseignement, notamment – vont débrayer vendredi, même si la loi spéciale est adoptée. Le syndicat n’a pas encore indiqué si le débrayage se prolongerait au-delà de vendredi.

Plusieurs conseils scolaires, dont celui de Toronto, ont déclaré qu’ils devront fermer des écoles vendredi.

Par ailleurs, le SCFP a déclaré qu’il serait présent aux négociations déjà prévues cette semaine. Le syndicat a déclaré qu’il était à la table mardi et qu’il proposera une contre-offre. Des pourparlers sont également prévus mercredi et jeudi.

Le gouvernement avait offert des augmentations de 2 % par année pour les travailleurs gagnant moins de 40 000 $ et de 1,25 % pour tous les autres. Le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a depuis déclaré que la nouvelle convention de quatre ans imposée par la loi spéciale accorderait 2,5 % par année aux travailleurs gagnant moins de 43 000 $ et 1,5 % pour tous les autres.

Le SCFP, qui demande des augmentations de salaire annuelles de 11,7 %, a plaidé que ces travailleurs, qui gagnent en moyenne 39 000 $ par année, sont généralement les moins bien payés de tout le milieu scolaire.

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