L’Ontario demande aux personnes à faible risque d’éviter le dépistage, débordé

TORONTO — Les responsables de la santé publique en Ontario demandent aux personnes à faible risque et asymptomatiques de ne plus se rendre dans les cliniques d’évaluation pour passer un test de dépistage de la COVID-19.

L’Ontario encourageait depuis des mois tous ceux qui souhaitaient passer un test à se présenter dans une clinique d’évaluation. Or, ces cliniques doivent composer aujourd’hui avec de longues files d’attente. L’Ontario enregistrait mercredi un arriéré de traitement des échantillons de près de 50 000 tests, alors que la demande d’évaluations a augmenté en raison du retour à l’école.

«Notre message aux gens est très, très simple», a déclaré jeudi le premier ministre Doug Ford. «Il y a deux groupes: ceux qui veulent passer le test juste pour se rassurer et ceux qui en ont besoin. Nous devons nous concentrer sur ceux qui en ont besoin.»

Les cliniques d’évaluation vont désormais tester ceux qui présentent des symptômes de la COVID-19, ceux qui sont entrés en contact avec une personne atteinte et ceux qui auront été retracés par une enquête de la santé publique pour une éclosion spécifique.

Le gouvernement ontarien avait annoncé mercredi que les personnes asymptomatiques pourraient passer un test de dépistage dans une soixantaine de pharmacies à compter de vendredi, sur rendez-vous. Mais il a précisé jeudi que cette initiative ne s’appliquerait qu’à certaines personnes, notamment celles qui ont des proches dans des foyers de soins de longue durée ou qui ont eu un contact étroit avec une personne atteinte.

Cela signifie que des personnes asymptomatiques qui veulent simplement être rassurées ne pourront plus accéder aux tests offerts par le gouvernement.

M. Ford a reconnu jeudi qu’il avait été l’un des plus fervents partisans du dépistage à grande échelle, mais il a expliqué que les cliniques d’évaluation engorgées avaient informé son gouvernement que la plupart des gens qui se présentaient pour des tests n’avaient en fait aucun symptôme. «Plus tôt dans la journée, nos experts en santé publique nous ont conseillé de donner la priorité à ceux qui courent le plus de risques», a-t-il déclaré. «Nous devons nous ajuster.»

La médecin-hygiéniste en chef adjointe, Barbara Yaffe, a précisé jeudi que «le citoyen moyen qui n’a pas été exposé à un cas, qui ne fait pas partie d’une éclosion ou qui ne présente aucun symptôme ne devrait pas se soumettre à un test». Le directeur de Santé Ontario, Matt Anderson, a indiqué que les cliniques d’évaluation devraient pouvoir commencer à détourner les personnes asymptomatiques dès vendredi.

«Rationner le dépistage»

La cheffe néo-démocrate, Andrea Horwath, a accusé le gouvernement conservateur de «rationner le dépistage» parce qu’il n’a pas su bien planifier l’opération. «Il est choquant de voir à quel point ce gouvernement est chaotique et à quel point il se débat dans ses réponses» à la crise, a-t-elle déclaré, ajoutant que ce changement de stratégie créera de la confusion.

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, croit que le gouvernement aurait dû augmenter la capacité de dépistage il y a des semaines pour éviter que «des familles soient refoulées dès l’aube» dans des cliniques. «Mais nous ne serions pas dans cette position dangereuse si le gouvernement Ford avait prévu dès l’été une deuxième vague.»

M. Ford a également annoncé jeudi que son gouvernement dépenserait plus d’un milliard de dollars pour renforcer le dépistage et la gestion des cas et des contacts. L’Ontario embauchera 500 nouveaux «traceurs de contacts», ce qui portera le total à 3750 employés.

Plus de restrictions

Pendant ce temps, un groupe de 38 dirigeants du réseau de la santé et médecins exhorte le gouvernement à imposer des restrictions sur les entreprises et les activités non essentielles qui facilitent les rassemblements. Ils estiment que la récente augmentation des cas démontre que des mesures immédiates sont nécessaires pour freiner la propagation du virus et éviter un retour au grand confinement.

Dans une déclaration publiée par l’Association des hôpitaux de l’Ontario, le groupe affirme que les restrictions devraient viser les restaurants et les bars, les boîtes de nuit, les centres de conditionnement physique, les théâtres et les lieux de culte. Ils estiment aussi que le gouvernement devrait demander aux entreprises non essentielles de faire travailler du personnel à domicile lorsque cela est possible.

«Bien que le maintien de l’économie de notre province soit toujours une priorité, nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que, sans action, le taux actuel de propagation exigera un retour à la fermeture généralisée des entreprises non essentielles et des écoles, pour éviter une augmentation des hospitalisations», déclare le groupe.

L’Ontario signalait jeudi 409 nouveaux cas de COVID-19 et un nouveau décès lié au virus. La ministre de la Santé, Christine Elliott, a précisé que 63 % des nouveaux cas concernaient des gens de moins de 40 ans. On enregistrait 151 nouveaux cas à Toronto, 82 à Ottawa et 46 dans la région de Peel.

Les nouveaux chiffres interviennent alors que le cabinet du premier ministre a révélé que l’un des membres du «personnel junior» de M. Ford avait été déclaré positif à la COVID-19. Le cabinet du premier ministre précise que M. Ford n’a pas eu de contact étroit ou d’exposition prolongée avec cette personne et qu’il surveille l’apparition de tout symptôme.

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