L’Ontario financera plus d’opérations dans des cliniques privées

TORONTO — L’augmentation des interventions chirurgicales couvertes par l’État effectuées dans des cliniques privées, la suppression des frais d’examen et d’inscription pour les infirmières formées à l’étranger et l’envoi de patients en attente d’un lit de soins de longue durée dans un foyer «temporaire» font partie des mesures que l’Ontario prévoit dans ses efforts pour stabiliser le système de santé.

La ministre de la Santé, Sylvia Jones, a annoncé jeudi le plan qui vise à embaucher plus de professionnels de la santé, à libérer des lits d’hôpitaux et à réduire les listes d’attente chirurgicales. Le plan intervient alors que la pénurie de personnel infirmier a entraîné la fermeture de services d’urgence à travers la province tout au long de l’été pendant des heures ou des jours à la fois.

Le document laisse entrevoir un rôle plus important pour les services fournis par le secteur privé, mais couverts par le secteur public, le gouvernement affirmant qu’il investira davantage pour augmenter les chirurgies dans les hôpitaux pédiatriques et les cliniques privées existantes couvertes par l’Assurance-santé de l’Ontario (OHIP). Il envisage également des options pour accroître encore la capacité chirurgicale en augmentant le nombre de ces procédures effectuées dans des «établissements de santé indépendants».

Mme Jones a déclaré que l’Ontario doit être «audacieux, innovateur et créatif» lorsqu’il cherche des façons d’améliorer le système de santé.

«Il y en a qui se battront pour le statu quo quoiqu’il arrive, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse annonçant le plan. Ils sont idéologiquement opposés au changement ou aux améliorations. Nous n’accepterons pas cela. Nous ne pouvons pas accepter cela. Les gens veulent de meilleurs soins de santé.»

Mme Jones n’a pas répondu directement à la question de savoir si elle envisageait d’autoriser davantage de cliniques privées en Ontario.

«Les soins de santé continueront d’être fournis à la population de l’Ontario grâce à l’utilisation de votre carte OHIP», a-t-elle déclaré.

«Nous voyons l’intérêt d’avoir certains de ces établissements de santé indépendants qui existent dans la province de l’Ontario depuis des décennies pour alléger une partie de la pression de nos partenaires de soins de santé et bon nombre de ces établissements de santé indépendants ont des accords et travaillent directement avec leur hôpital communautaire local», a poursuivi la ministre.

Contre la privatisation des soins

Cathryn Hoy, présidente de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario, a critiqué le plan d’augmentation des services dans les cliniques privées.

«C’est une décision flagrante qui remplira les poches des investisseurs, rien de plus, a-t-elle déclaré dans un communiqué. Les preuves sont claires : la privatisation des soins de santé produit de moins bons résultats pour la santé de nos patients et entraîne des frais généraux beaucoup plus élevés qui seront payés par les contribuables. L’Ontario plonge profondément dans une privatisation qui ne profitera qu’aux actionnaires.»

Mme Hoy a qualifié de «déroutant» le fait que le plan décrive également des mesures pour soutenir les médecins des services d’urgence, mais pas les infirmières.

«Des dizaines de services d’urgence ont été fermés au cours des dernières semaines en raison d’une pénurie d’infirmières», a écrit Mme Hoy.

«Le gouvernement a raté une énorme opportunité ici de renforcer la rémunération des infirmières en tant que clé de la rétention et du recrutement pour freiner les fermetures supplémentaires», a-t-elle ajouté.

Le plan comprend la modification d’un programme qui peut déployer des infirmières à temps plein dans plusieurs hôpitaux d’une région et l’expansion d’un programme pour les infirmières en milieu de carrière ou à la retraite pour encadrer les nouvelles infirmières.

La province couvrira temporairement les frais d’examen, de demande et d’inscription des infirmières formées à l’étranger et retraitées, leur permettant d’économiser jusqu’à 1500 $, et prévoit investir jusqu’à 57,6 millions $ sur trois ans pour augmenter le nombre d’infirmières praticiennes travaillant dans les foyers de soins de longue durée.

L’Ontario étend également un programme qui permet à des médecins de toute la province d’aider à doter en personnel les hôpitaux dans les communautés du Nord et rurales, lance un nouveau programme pour fournir un soutien et un encadrement des médecins d’urgence aux services d’urgence ruraux, ainsi qu’un nouveau programme qui relie les médecins résidents avec les médecins des services d’urgence du Nord et des régions rurales.

Dans le domaine des soins de longue durée, le gouvernement prévoit présenter vendredi un projet de loi qui permettra aux patients en attente d’un lit d’être transférés dans un foyer «temporaire» en attendant d’avoir une place dans leur foyer de préférence.

«En fin de compte, non, nous n’allons forcer personne à quitter une maison, a déclaré le ministre des Soins de longue durée, Paul Calandra. Les changements nous permettent de poursuivre cette conversation pour expliquer à quelqu’un qui est dans un hôpital pourquoi ses besoins peuvent être satisfaits dans un foyer de soins de longue durée.»

Le gouvernement prévoit également de prendre 300 lits qui avaient été utilisés pour l’isolement de la COVID-19 et de les mettre à la disposition des personnes inscrites sur des listes d’attente. Il dit qu’il est possible de le faire avec 1000 lits de plus d’ici six mois.

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