L’Ontario n’envisagerait pas de couvre-feu pour lutter contre l’explosion des cas

TORONTO — Le gouvernement ontarien doit envisager lundi soir de nouvelles mesures pour lutter contre la flambée des taux de COVID-19 dans la province, mais un couvre-feu ne ferait pas partie des scénarios envisagés.

Cette discussion sur des restrictions supplémentaires doit avoir lieu alors que l’Ontario franchissait lundi le cap des 5000 décès dus à la COVID-19 depuis le début de la pandémie, en mars 2020.

Le premier ministre Doug Ford a déclaré que les Ontariens pouvaient s’attendre à l’annonce de nouvelles mesures mardi. «Nous avons travaillé tout le week-end (…) jusque tard dans la nuit (…) et nous présenterons des recommandations au cabinet», a-t-il indiqué lundi matin en arrivant à l’Assemblée législative, avant l’importante réunion avec ses ministres en soirée. 

Des sources gouvernementales haut placées ont toutefois confirmé qu’un couvre-feu nocturne, comme au Québec, n’était pas recommandé par les responsables de la santé publique en Ontario.

Sombres projections 

Le gouvernement ontarien doit aussi publier mardi les nouvelles projections sur les effets de la pandémie. Le premier ministre Ford a déjà indiqué que ces projections sont très préoccupantes et il a prévenu que des moments difficiles sont à prévoir. 

Dimanche, la moyenne sur sept jours pour les nouvelles infections était de 3546 en Ontario. Les responsables du gouvernement et du réseau de la santé ont prévenu que cette tendance s’aggraverait et mettrait à rude épreuve tout le système.

M. Ford déclarait vendredi dernier que le confinement provincial actuel pourrait se prolonger au-delà de janvier et que de nouvelles mesures de santé publique pourraient être imposées afin de répondre à la hausse des infections.

La province signalait lundi 29 décès supplémentaires, ainsi que 3338 nouveaux cas. Cela porte le nombre total de décès dus au virus à 5012 depuis le début de la pandémie en mars dernier. Le ministère de la Santé indique que 1563 personnes sont actuellement hospitalisées à cause du virus, dont 387 aux soins intensifs et 268 sous respirateurs.

L’Ontario a déclaré lundi avoir administré 8859 doses supplémentaires de vaccins depuis sa dernière mise à jour quotidienne, ce qui porte le total à 122 105 doses maintenant administrées.

Retour à l’école dans le Nord

Par ailleurs, les élèves des écoles primaires du nord de l’Ontario ont repris l’apprentissage en classe lundi matin. La partie nord de la province est autorisée à retourner dans les établissements scolaires, car les taux de positivité à la COVID-19 dans cette région sont relativement faibles.

Tous les élèves ont commencé leur session d’hiver avec l’apprentissage en ligne après les Fêtes et le gouvernement a annoncé la semaine dernière que les élèves du sud de l’Ontario continueraient de suivre des cours à distance au moins jusqu’au 25 janvier. 

Le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a annoncé samedi que la liste des travailleurs essentiels admissibles aux services de garde d’urgence serait élargie. Cette liste inclut maintenant les policiers de la Gendarmerie royale du Canada, des employés du secteur de l’éducation et le personnel des Postes.

De gênants voyages à l’étranger 

Par ailleurs, le PDG du réseau hospitalier de London, qui avait effectué plusieurs voyages à l’étranger pendant la pandémie, a finalement été démis de ses fonctions, lundi. Le docteur Paul Woods s’est rendu aux États-Unis cinq fois depuis le mois de mars, y compris pendant les vacances des Fêtes, a déclaré le London Health Sciences Centre dans le communiqué qui annonçait lundi son licenciement immédiat.

Au moment du dernier voyage de M. Woods, l’un des établissements du réseau, le Centre hospitalier universitaire de London, était aux prises avec une éclosion qui a finalement tué 23 personnes et rendu malade plus de 150 patients et soignants.

Les déplacements du docteur Woods avaient été révélés vendredi dernier, mais la direction du réseau lui avait alors maintenu son soutien. L’agence régionale a changé d’avis lundi, en réponse aux préoccupations des hôpitaux et de la communauté. «Il est devenu clair que cette situation a affecté la confiance du personnel, des médecins et de la communauté dans le leadership du docteur Woods», indique-t-on maintenant. 

Le conseil d’administration n’avait pas été prévenu des voyages du médecin et n’a pas approuvé ces voyages à l’extérieur du Canada, précise le réseau hospitalier lundi. M. Woods s’était excusé vendredi pour sa décision de rendre visite à sa famille à l’extérieur du pays; il promettait de ne plus voyager tant que les restrictions fédérales sur les voyages non essentiels seraient en place. 

La semaine dernière, dans la région de Niagara, le docteur Tom Stewart a été remplacé au poste de chef de la direction de l’agence régionale de santé, lorsqu’on a appris qu’il était parti en vacances en République dominicaine en décembre. Rod Phillips, l’ancien ministre des Finances de l’Ontario, a démissionné de son poste il y a deux semaines lorsqu’on a su qu’il s’était rendu à Saint-Barthélemy pour des vacances en décembre.

Laisser un commentaire