L’Ontario pourrait bien rater ses cibles de réduction d’émissions de GES, croit la VG

TORONTO — L’Ontario pourrait bien rater ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) parce qu’il ne s’agit «pas encore» d’une priorité au sein du gouvernement, estime la vérificatrice générale de la province, jetant le doute sur un engagement environnemental clé du premier ministre Doug Ford.

Les conclusions de la vérificatrice générale Bonnie Lysyk font partie d’une série d’audits sur «l’optimisation des ressources environnementales et l’application de la Charte des droits environnementaux» de la province en 2019-2020.

Mme Lysyk a constaté que le gouvernement progressiste-conservateur ne se concentre pas suffisamment sur la réduction de la consommation de combustibles fossiles ou des émissions de GES dans le secteur immobilier, ce qui pourrait entraver les efforts visant à respecter sa promesse de lutter contre le changement climatique, après son arrivée au pouvoir en 2018.

«Il ressort de notre audit que la province risque de rater son objectif de réduction des émissions d’ici 2030, ce qui tient entre autres au fait que le changement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre ne constituent pas encore une priorité pangouvernementale», conclut Mme Lysyk. 

L’accord de Paris 

En 2018, le ministre de l’Environnement de l’époque, Rod Phillips, avait promis que l’Ontario respecterait les obligations du Canada en vertu de l’accord de Paris et il avait présenté un plan pour atteindre cet objectif.

Dans le cadre de l’accord de Paris — qui s’engage à maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale à moins de 2 degrés Celsius —, des objectifs ont été fixés pour réduire d’ici 2030 les émissions de 30 % sous les niveaux de 2005. Pour l’Ontario, il s’agirait de faire passer les émissions de GES de 161 à 143 mégatonnes d’ici 2030.

Or, Mme Lysyk soutient que deux ministères et un organisme clé du dossier n’évaluent ni n’appliquent la conformité en matière d’efficacité énergétique pour les bâtiments, bien qu’ils soient un contributeur majeur aux émissions de GES en Ontario.

Elle note aussi une augmentation de l’utilisation du gaz naturel pour chauffer les bâtiments, alors que ces émissions constituent la troisième source en importance en Ontario, contribuant à environ 24 % du bilan provincial.

Mme Lysyk écrit que le ministère de l’Énergie n’a pas demandé à la Commission de l’énergie de l’Ontario d’élaborer un cadre actualisé de conservation du gaz naturel, en remplacement de celui qui vient à échéance en décembre. 

«Cela signifie que les initiatives de conservation seront maintenues aux niveaux actuels, et que l’on sera incapable de saisir toutes les possibilités de réduction des émissions», soutient la vérificatrice générale.

La Charte 

Dans un autre audit, Mme Lysyk indique que son bureau a découvert de nombreux cas où des ministères ne respectaient pas leurs responsabilités en vertu de la Charte des droits environnementaux. 

Or, cette Charte, adoptée en 1993, «se révèle essentielle pour assurer une participation significative du public et de meilleures décisions qui touchent l’environnement», rappelle la vérificatrice générale.

Mme Lysyk écrit que dans de nombreux cas, les ministères ne donnent pas suffisamment de temps aux citoyens pour réagir à des propositions complexes, ou ne publient pas du tout des propositions importantes sur le plan environnemental.

«Étant donné que la Charte des droits environnementaux est en vigueur depuis 26 ans, le degré de non-conformité des ministères est étonnant », écrit la vérificatrice générale. « Nous encourageons fortement les ministères à faire preuve de plus de diligence à cet égard.»

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