L’Ontario pourrait enregistrer jusqu’à 6500 cas par jour sans mesures plus strictes

TORONTO — L’Ontario pourrait enregistrer jusqu’à 6500 nouveaux cas quotidiens de COVID-19 d’ici la mi-décembre, à moins que des mesures plus musclées ne soient prises pour limiter la propagation du virus, montrent de nouvelles projections rendues publiques jeudi.

La nouvelle modélisation prédit que la province atteindra 2500 nouveaux cas par jour d’ici un mois si le taux de croissance est de 3 %, ou 6500 cas si la croissance est de 5 %.

Le docteur Adalsteinn Brown, l’un des experts qui ont établi ces projections, a expliqué qu’un taux de croissance de 5 % équivalait à la situation actuelle. Le taux de croissance au cours des trois derniers jours était de 6%, a-t-il dit.

Le docteur Brown a fait valoir que d’autres restrictions devraient être mises en place dans certaines des zones sensibles afin de réduire le nombre de nouveaux cas et leur impact sur le système de santé. Autrement, le nombre de cas en Ontario dépassera celui de plusieurs pays européens qui ont mis en place certaines formes de confinement, a-t-il prévenu.

«Si nous continuons avec le niveau actuel de restrictions, je ne m’attendrais pas à voir un écart par rapport aux résultats actuels, nous continuerions à voir une croissance», a-t-il déclaré jeudi. «Je ne crois pas qu’il y ait un moyen pour que le nombre de nouveaux cas change sans action.»

Et même si de nouvelles mesures sont imposées, il faudra un certain temps avant que des améliorations apparaissent, a-t-il souligné.

Les nouvelles projections sur la façon dont le virus pourrait se propager en Ontario surviennent alors que la province a signalé un nombre quotidien de nouveaux cas supérieur à 1000 depuis une semaine, avec un record de 1575 jeudi. La province a également signalé jeudi 18 nouveaux décès liés à la COVID-19.

Des mesures plus strictes réclamées

Un groupe représentant des dizaines de milliers de médecins en Ontario a par ailleurs exhorté jeudi le gouvernement provincial à abaisser ses critères pour l’imposition de mesures plus strictes afin de freiner la propagation de COVID-19 lorsque le nombre de nouveaux cas explose.

L’Association médicale de l’Ontario (OMA) soutient que l’échelle par niveaux et par couleurs qui détermine à quel moment des régions peuvent resserrer ou assouplir des restrictions est trop permissive, particulièrement à un moment où l’augmentation des cas est en croissance.

Le groupe estime que les critères pour passer d’un niveau d’alerte à un autre devraient être moins grands — 50 % moins important dans certains cas — et que les plus hauts niveaux devraient inclure une fermeture des salles à manger des restaurants.

Les commentaires du groupe surviennent dans la foulée d’un reportage du «Toronto Star» qui affirmait que le gouvernement provincial avait ignoré les conseils de sa propre agence de santé publique dans la conception du système instauré la semaine dernière.

Une porte-parole de la ministre de la Santé Christine Elliott a affirmé que des experts en santé publique, comme le médecin hygiéniste en chef et le Groupe des mesures de santé publique, avaient donné des avis sur le concept général et la direction du système.

Le système a aussi été fondé sur des données, des preuves et des informations, notamment d’autres juridictions, et approuvé par le Cabinet, a dit Alexandra Hilkene par communiqué.

Questionnée quant à savoir si la ministre envisagerait de revoir le système d’alerte et ses critères, Mme Hilkene a affirmé que le gouvernement continuait de surveiller la situation et évaluerait «si et quand les mesures de santé publique doivent être ajustées».

Système à cinq niveaux

Le gouvernement de l’Ontario continue de faire l’objet de critiques à l’égard de son nouveau système, qui catégorise les régions sanitaires en cinq niveaux (vert, jaune, orange, rouge et le confinement), en fonction de critères comme le nombre de cas par 100 000 personnes. 

Le premier ministre Doug Ford a déjà affirmé que le système visait à établir des fondements pour les autorités locales de santé publique, à partir desquels elles peuvent ajouter des mesures ciblées. Les autorités de santé publique dans les régions de Peel et de Toronto ont déjà annoncé des restrictions additionnelles dans leur secteur respectif.

La ministre Elliott a indiqué jeudi qu’il y avait eu 472 nouveaux cas à Toronto, 448 dans la région de Peel, 155 dans la région de York et 91 à Ottawa.

Au total, 431 personnes sont hospitalisées en Ontario relativement à la COVID-19, dont 98 aux soins intensifs. Il y a des éclosions dans 94 foyers de soins de longue durée.

Les plus récentes données portent le total de cas de COVID-19 en Ontario à 89 784, avec 3293 morts et 75 228 cas résolus.

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