L’ONU demande aux Émirats arabes unis de libérer un détenu canadien

GENÈVE – L’ONU demande aux Émirats arabes unis de libérer un Canadien d’origine libyenne et quatre autres prisonniers aussi natifs de la Libye qui auraient été torturés au cours des 18 derniers mois.

La cause de l’homme d’affaires canadien Salim Alaradi se trouve actuellement devant la Cour fédérale suprême des ÉAU, où il a plaidé non coupable à trois accusations de terrorisme.

Le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU a publié un avis de 13 pages, lundi, citant des allégations d’activistes selon lesquelles M. Alaradi et les quatre autres détenus auraient été privés de sommeil pendant des périodes allant jusqu’à 20 jours, frappés sur les mains et les jambes, et auraient reçu des chocs électriques. Certains ont aussi été pendus par le cou, auraient fait l’objet de menaces de mort constante avec une arme pointée en direction de leur tête ou été enfermés dans un congélateur pendant 45 minutes.

Même s’il n’est pas un tribunal, le Groupe peut demander aux pays et à leurs dirigeants de rendre des comptes en vertu de leur engagement envers les conventions internationales. Récemment, il a déclaré que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, devrait avoir le droit de quitter l’ambassade de l’Équateur à Londres sans être arrêté. Mais dans le cas de M. Assange comme dans celui des prisonniers libyens aux Émirats arabes unis, il ne dispose pas du pouvoir nécessaire pour faire appliquer ses décisions.

Outre le Canadien Salim Alaradi, le Groupe a identifié les détenus comme étant Adel Rajab Beleid Nasef, Moad Mohamed al-Hashmi ainsi que Kamal Ahmed et Mohamed Kamal al-Darrat, un père et un fils détenant également la citoyenneté américaine. Le rapport indique que MM. Nasef et Al-Hashmi sont peut-être décédés.

M. Alaradi était en cour, lundi. D’après sa famille, le juge a accepté que l’homme de 48 ans soit examiné par un médecin légiste, avant d’ajourner le procès jusqu’au 29 février.

Salim Alaradi a appris il y a à peine un mois qu’on le soupçonnait d’avoir financé, appuyé et collaboré avec des organisations terroristes. Ses proches et ses avocats affirment que sa détention demeurait inexpliquée jusqu’à ce moment. Son avocat a ajouté qu’on lui reprochait spécifiquement d’avoir soutenu deux groupes terroristes libyens.

M. Alaradi gérait une entreprise à Dubaï quand il a été subitement arrêté en août 2014. Il était à ce moment en vacances aux Émirats arabes unis avec sa famille.

Salim Alaradi est né en Libye mais a immigré au Canada depuis les Émirats arabes unis en 1998. Il s’était alors installé à Vancouver. Il a décidé de retourner aux Émirats arabes unis en 2007 pour lancer une entreprise d’électroménagers avec son frère.

Son avocat a fait valoir qu’il n’habitait plus la Libye depuis 25 ans et qu’il n’était aucunement impliqué dans la vie politique de son ancien pays.