L’opposition à Ottawa veut entendre des ministres sur la négociation de l’ALÉNA

OTTAWA — Les conservateurs et les néo-démocrates à Ottawa demandent à trois ministres du gouvernement de comparaître immédiatement devant un comité des Communes afin de dévoiler les priorités du Canada dans la renégociation prochaine de l’ALÉNA.

Des députés des deux partis de l’opposition ont transmis une lettre commune à la greffière du Comité permanent du commerce international des Communes, mardi, pour réclamer une réunion. Leur demande fait suite au dévoilement, lundi à Washington, des objectifs de l’administration américaine en vue de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Dans cette liste de 16 pages, Washington souhaite notamment un meilleur accès au Canada et au Mexique pour les exportations agricoles américaines — incluant les produits laitiers, le vin et les céréales. L’administration de Donald Trump souhaite aussi une libéralisation des échanges et des achats en ligne, de nouvelles règles sur la manipulation des devises, et une révision du système de règlement des litiges.

Les députés conservateurs et néo-démocrates membres du comité permanent des Communes souhaiteraient maintenant connaître les objectifs du Canada de la bouche même des ministres du Commerce international, des Affaires étrangères et des Finances, mais aussi du négociateur en chef, Steve Verheul.

La loi américaine oblige l’exécutif à dévoiler au Congrès ses objectifs au moins 30 jours avant d’entamer des négociations en matière de libre-échange, mais le gouvernement canadien n’a pas la même obligation envers le Parlement.

Le gouvernement libéral est présentement en mode consultations avec les Canadiens sur les sections de l’ALÉNA qui devraient être conservées à tout prix, sur celles qui pourraient être améliorées, et sur les nouveaux enjeux qui devraient éventuellement faire partie de cet accord conclu il y a 23 ans.

«Nous continuons de consulter les Canadiens en ce qui concerne la modernisation de l’ALÉNA et nous invitons tous les Canadiens à partager leurs idées, leurs points de vue et leurs priorités, notamment dans le cadre de notre consultation en ligne», indiquait lundi la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, après la publication de la liste américaine.