L’opposition mène une «campagne de salissage» contre le député Thouin, selon la CAQ

QUÉBEC — La Coalition avenir Québec (CAQ) n’acceptera pas qu’un des siens soit victime d’une «campagne de salissage», a averti mardi le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette.

Il défendait en Chambre son collègue, le député de Rousseau, Louis-Charles Thouin, que le Parti libéral du Québec (PLQ) soupçonne de s’être placé plusieurs fois en apparence de conflits d’intérêts.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) s’intéresse à l’ancien maire de Saint-Calixte et préfet de la MRC de Montcalm, a révélé mardi le Bureau d’enquêtes de Québecor.

M. Thouin fait également l’objet de vérifications de la commissaire à l’éthique pour son rôle dans la modification du schéma d’aménagement de la MRC dont il a été le préfet. 

Il est aujourd’hui adjoint parlementaire de Sonia LeBel au Conseil du trésor.

«Le député de Rousseau n’est accusé de rien», a déclaré M. Jolin-Barrette, après que le premier ministre François Legault eut tranché qu’«il n’y en a pas de conflits d’intérêts».

La CAQ affirme que l’UPAC n’a pas contacté M. Thouin, mais que ce dernier collaborait avec la commissaire à l’éthique.

«Nous n’accepterons pas, Monsieur le Président, que des individus qui décident de s’impliquer en politique pour le bien collectif soient salis», a ajouté M. Jolin-Barrette.

Mardi, les trois partis d’opposition ont réclamé que l’on retire à M. Thouin ses fonctions d’adjoint parlementaire. Le PLQ a également demandé à ce qu’il soit exclut du caucus de la CAQ.

«Il nage dans une piscine qui déborde de conflits d’intérêts, du moins en apparence. On pourrait faire un épisode de District 31», a raillé le député libéral Gaétan Barrette.

«On est rendu à voir l’UPAC qui fait des interventions. Clairement, il y a un enjeu. Il faut qu’il se retire», a renchéri la cheffe du PLQ, Dominique Anglade.

«Complaisance maximale»

En point de presse, elle a reproché à François Legault de faire le contraire de ce qu’il disait alors qu’il était dans l’opposition.

En 2012, M. Legault avait déclaré: «Si jamais (…) quelque chose d’illégal ou de non éthique a été fait, il n’y a pas une personne dans mon équipe (…) qui va rester. C’est tolérance zéro.»

Puis, en 2017, il ajoutait: «Il y a la partie légale, la partie apparences et perceptions. En politique, c’est aussi important, la perception. C’est tolérance zéro à la CAQ.»

Aux yeux de Mme Anglade, au pouvoir, M. Legault fait plutôt preuve de «complaisance maximale». 

Elle a rappelé que le ministre caquiste de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, s’est fait blâmer deux fois plutôt qu’une par la commissaire à l’éthique. Il aurait dû se retirer du conseil des ministres, selon elle.

«Ce qu’on demande au premier ministre, c’est de faire ce qu’il disait qu’il ferait quand il était dans l’opposition», a déclaré Mme Anglade.

«Il y avait tolérance zéro, et maintenant on est rendu à une complaisance maximale, cautionnée par le premier ministre», a-t-elle ajouté.

La CAQ comme le PLQ, dit QS

Chaque jour qui passe, la CAQ ressemble de plus en plus au PLQ, a quant à lui déclaré le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois.

«Il y a beaucoup de gens qui ont voté pour la CAQ en 2018 parce qu’ils voulaient se débarrasser des magouilles libérales. Ces gens-là doivent être de plus en plus déçus», a-t-il affirmé.

Il estime que le «strict minimum», c’est que M. Thouin se retire de ses fonctions d’adjoint parlementaire.

«Je pense que c’est un test éthique pour François Legault, qui a fait son pain, son beurre et sa confiture dans l’opposition en étant le chevalier des moeurs politiques.

«Dans la dernière année, il a protégé le seul ministre de l’histoire du Québec — c’est pas rien — à avoir été blâmé deux fois et à avoir une quatrième enquête sur lui. (…) J’ai bien hâte de voir ce qu’il va faire.»

Interrogé à savoir si M. Thouin allait poursuivre son travail ou bien se retirer, le bureau de la ministre LeBel a répondu: «Pas de commentaires de notre côté.»

«L’ancienne procureure de la commission Charbonneau doit virer Louis-Charles Thouin, (…) c’est aussi clair que ça», a soutenu le leader parlementaire du Parti québécois (PQ), Martin Ouellet. 

«Il ne doit plus être son adjoint parlementaire le temps que l’UPAC fasse son enquête et surtout le temps que la commissaire à l’éthique statue sur sa situation.»

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