L’UE souhaite recueillir 11 G $ dans le monde pour la recherche sur le virus

OTTAWA — Le Canada s’est joint à la communauté internationale, lundi, dans un effort collectif pour recueillir 11 milliards $ afin de trouver un vaccin contre la COVID-19 — et de le rendre accessible à tous les pays.

Cet accès universel n’avait pas été le fait des épidémies passées, notamment la pandémie de grippe H1N1 en 2009, alors que les pays riches avaient bénéficié d’abord d’un vaccin, au détriment des plus pauvres.

Un vaccin viable doit être disponible et abordable pour tous les pays, a déclaré lundi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a rappelé quant à lui que la victoire sur le virus prendra plus que de grands cerveaux dans des laboratoires: il faudra également un engagement ferme envers les institutions multilatérales, et cela demandera des ressources, a-t-il déclaré.

En fin d’après-midi, lundi, l’Union européenne avait recueilli des promesses de dons de 7,4 milliards d’euros, sur un objectif de 7,5 milliards d’euros (environ 11,5 milliards $ CAD).

Cet appel aux promesses de dons pour la «Réponse mondiale au coronavirus» constitue en partie une réponse à la décision du président Donald Trump de suspendre le financement américain de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui aurait mal géré selon lui l’éclosion du nouveau coronavirus.

«Nous devons tirer les leçons de la lutte contre le VIH et la grippe porcine, où à cause des intérêts personnels étroits des entreprises et des gouvernements, les vaccins et les traitements étaient trop chers ou arrivaient trop tard», a déclaré Anna Marriott, responsable de la politique de santé à Oxfam.

«Le président Trump reste isolé et hostile à une collaboration internationale visant à sauver des vies à travers le monde. Aucun individu, aucune communauté, aucun pays ne peut surmonter cette crise seul: nous devons tous travailler ensemble.»

Le Canada a déjà donné

La Grande-Bretagne et l’Union européenne avaient coorganisé la conférence virtuelle d’annonces de contributions de lundi pour lever plus de 11 milliards $. Le président français, Emmanuel Macron, a rappelé qu’«au coeur de cette initiative, il y a la vision, que nous devons collectivement porter, que ce vaccin, le jour où il sera mis au point, sera un bien public mondial, c’est à dire qu’il n’appartiendra à personne mais nous appartiendra à tous.

«Ceux qui l’inventeront auront, évidemment, leur juste rémunération, mais l’accès sera donné à l’ensemble de la planète par l’organisation que nous aurons choisie, les bons financements, la bonne organisation, publique et privée, que nous mettrons derrière», a-t-il dit.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a souligné lundi que le Canada avait déjà promis 850 millions $ pour l’effort international de lutte contre la propagation de la pandémie. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi le Canada n’avait pas offert de nouveaux fonds lundi, il a répondu que l’événement n’était «que le début» des efforts pour trouver, fabriquer et distribuer un vaccin contre le nouveau coronavirus.

«Nous savons que la sécurité de nos propres citoyens dépend de la façon dont nous assurons la sécurité des personnes dans le monde», a déclaré M. Trudeau lors de la conférence qui a eu lieu en ligne, lundi. «Nous devons prendre soin de nous en prenant soin du reste du monde.»

Le premier ministre a également discuté avec Bill et Melinda Gates, la semaine dernière, de la nécessité de soutenir l’événement et de promouvoir la coopération dans le développement et la distribution d’un vaccin — et pas seulement aux citoyens des pays riches. La Fondation Gates est l’un des principaux acteurs internationaux dans la recherche d’un vaccin. La semaine dernière, l’un de ses hauts dirigeants a déclaré que l’on pourrait vouloir à terme recueillir plus de 20 milliards $.

Or, la découverte d’un vaccin viable ne sera pas suffisante pour prévenir de futures épidémies, a déclaré le directeur général de l’OMS. «La véritable mesure du succès ne sera pas seulement la rapidité avec laquelle nous pourrons développer des outils sûrs et efficaces, mais aussi la manière dont nous pourrons les distribuer», a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.

«Le potentiel de vagues continues d’infection de COVID-19 à travers le monde exige que chaque personne sur la planète soit protégée contre cette maladie.»