L’UMQ veut revoir le financement des infrastructures et sa part des coûts

QUÉBEC – À peine élu, le nouveau président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Bernard Sévigny, prône une nouvelle formule de financement des infrastructures qui allégerait considérablement la contribution des villes.

Jeudi matin, dans une allocution prononcée dans le cadre des assises de l’UMQ, il a parlé d’une répartition des coûts qui verrait le fédéral assumer 50 pour cent, Québec 33 pour cent et les municipalités 17 pour cent.

Actuellement, chacun de ces ordres de gouvernement assume le tiers des coûts des infrastructures.

M. Sévigny juge «inéquitable» que 33 pour cent des coûts repose sur les épaules des municipalités, alors qu’elles ont des moyens financiers limités.

Pour expliquer cette nouvelle formule, il a rappelé que le gouvernement fédéral a montré une ouverture à défrayer la moitié des coûts de projets. De passage aux assises de l’UMQ, le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a confirmé cette volonté de son gouvernement «pour certains projets», et cela, dans le cadre de la première phase du plan d’infrastructures du fédéral.

«Nous pouvons avoir des situations où c’est nécessaire d’avoir 50 pour cent pour le fédéral. De cette façon on peut avoir les projets qui peuvent commencer plus rapidement», a-t-il dit.

En point de presse, le ministre Morneau a évoqué que cela pourrait être le cas de projets de transport en commun, ce qui avait déjà été souligné dans le dernier budget fédéral, en mars. On y donnait en exemple la mise à niveau des voies de métro, de ponts, et le remplacement du parc de véhicules. Les projets qui en bénéficieront n’ont toutefois pas encore été ciblés, a répondu le ministre lorsqu’interrogé à ce sujet.

Ainsi, si Québec maintient le tiers du financement, les municipalités paieraient le 17 pour cent restant, avance le président de l’UMQ.

Il a précisé que le gouvernement québécois a été informé de cette proposition le jour même. Il n’avait donc pas encore réagi.

«M. Couillard n’a pas été fermé à revoir cette formule des pourcentages et nous, on va le plaider», a indiqué M. Sévigny, qui est aussi maire de Sherbrooke.

Ce n’est pas la première fois que les villes veulent revoir le partage de la facture.

En février dernier, le président du caucus des maires des grandes villes, le maire de Vancouver Gregor Robertson, avait fait valoir qu’une formule équivalant à la capacité financière de chacun des ordres de gouvernement serait plus équitable.

Il avançait ainsi un partage de 50 pour le fédéral, de 40 pour les provinces et de 10 pour cent pour les municipalités. Une formule aussi déjà évoquée par la Fédération canadiennes des municipalités, a avancé M. Sévigny.

Le fédéral a promis des investissements en infrastructures de 120 milliards $ sur 10 ans.