L’UNEQ admet une erreur et fait marche arrière sur les cotisations

MONTRÉAL — Après avoir provoqué la grogne du milieu littéraire en adoptant en juin dernier des cotisations syndicales allant de 2,5% à 5% pour ses membres et ses non-membres, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) a fait marche arrière et tiendra un nouveau vote pour fixer le montant de ces redevances.

Plusieurs écrivains, très critiques sur les réseaux sociaux de la façon de faire de l’UNEQ, en avaient surtout contre l’absence de l’enjeu des cotisations dans un avis de convocation et la représentativité lors d’une assemblée générale en visioconférence tenue le 20 juin dernier.

Lors de cette assemblée générale, seuls 46 membres étaient présents pour déterminer l’issue du vote sur les cotisations syndicales. L’UNEQ avait ensuite informé ses quelque 1600 membres au mois de décembre, provoquant des réactions à la chaîne sur les réseaux sociaux.

Dans une communication transmise aux membres mercredi soir, la présidente de l’UNEQ, Suzanne Aubry, a reconnu une «erreur de procédure» nécessitant la tenue d’une nouvelle assemblée générale. Elle s’est également excusée auprès des membres qui avaient participé «de bonne foi» à l’assemblée tenue en juin.

En entrevue avec La Presse canadienne, Mme Aubry a admis que le syndicat avait commis des erreurs en raison de l’adoption incertaine de la réforme sur le statut de l’artiste à l’Assemblée nationale.

Le 3 juin dernier, l’Assemblée nationale du Québec a finalement adopté le projet de loi 35, ou la Loi visant à moderniser et à harmoniser les règles relatives au statut professionnel de l’artiste.

Cette avancée doit permettre à l’UNEQ de négocier des ententes collectives fixant les conditions de travail minimales des artistes de la littérature, et, pour ce faire, elle a besoin des cotisations de ces membres et non-membres.

«La loi était sur le point d’être adoptée, et on voulait être dans les temps pour convoquer l’assemblée. On a pris la décision d’attendre que la loi soit adoptée ou non pour pouvoir joindre à l’ordre du jour le point important qui concernait les cotisations syndicales», a-t-elle expliqué en entrevue avec La Presse Canadienne.

C’est en consultant un avocat que le syndicat avait réalisé que «des problèmes de procédures» risquaient de remettre en question la légitimité de l’assemblée générale tenue en juin.

Les modalités de la nouvelle assemblée seront définies par le conseil d’administration dans sa prochaine réunion, prévue le 17 janvier.

«En tant que présidente, j’ai pris la décision de recommencer le processus. On va reprendre le vote sur les cotisations syndicales, et le comité va se pencher sur la question dès le 17 janvier prochain lors de notre prochaine réunion», a souligné Mme Aubry, ajoutant qu’elle souhaitait laisser le temps aux non-membres d’adhérer à l’UNEQ pour obtenir un droit de vote.

Malgré tout, Suzanne Aubry a souligné être «réjouie» de constater l’augmentation des demandes d’adhésion à l’UNEQ, qu’elle voit d’un bon œil.

«Plus on va avoir d’autrices et d’auteurs qui se présentent à l’assemblée générale, plus on va pouvoir les joindre facilement et leur expliquer pourquoi on a besoin des cotisations syndicales», a-t-elle ajouté.

Selon le syndicat, ces cotisations ne sont pas une fin, mais «un moyen pour arriver à négocier des ententes collectives complexes avec de gros joueurs». Dans un mot diffusé le 14 décembre dernier sur son site internet, la présidente souligne que l’UNEQ doit entreprendre «de multiples négociations avec différents regroupements d’éditeurs et de producteurs», ce qui entraîne «des coûts importants tant sur le plan financier que sur celui des ressources humaines».

Ces dépenses devraient ainsi être assumées en partie par les cotisations syndicales, un apport «nécessaire» de la part des membres, selon Suzanne Aubry.

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