L’UNEQ conteste les cachets «indécents» du Salon international du livre de Québec

MONTRÉAL — L’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ) juge «indécente» la rémunération offerte aux écrivains qui ont été invités à animer des ateliers dans les écoles pour le Salon international du livre de Québec (SILQ)

Selon l’UNEQ, les écrivains qui participeront aux ateliers «On invite un auteur dans notre salon (classe)!» recevront un cachet de 75 $ par animation.

«Il y a eu d’autres salons du livre, ils ont tous été impactés par la pandémie. Nous, ne nous sont pas remontées de ces salons-là des situations aussi indécentes», a dénoncé le directeur général de l’UNEQ, Laurent Dubois, en entrevue téléphonique.

Selon l’UNEQ, le Salon du livre lui aurait dit qu’il n’y a en fait pas de budget pour ces activités, et qu’une augmentation de la rémunération pourrait signer leur arrêt de mort.

M. Dubois dit avoir reçu certaines informations selon lesquelles le financement des ateliers proviendrait des écoles.

Contacté par La Presse Canadienne, le Salon international du livre de Québec a indiqué qu’il réagirait au communiqué mardi.

Le cachet de 75 $ représente moins du tiers de la rémunération minimale réclamée par l’UNEQ pour la participation d’écrivains à de telles activités.

M. Dubois ne sait pas encore si le syndicat incitera ses membres à refuser de participer aux ateliers, car en cette année de pandémie, «on sait qu’il y a des écrivains pour qui, malheureusement, 75 $ c’est mieux que rien».

«Logiquement, on devrait dire aux gens que ce n’est pas une activité professionnelle, donc (qu’ils ne devraient) pas y participer», a-t-il reconnu.

Un encadrement nécessaire, selon l’UNEQ

Le syndicat d’écrivains estime que ce différend souligne la nécessité de mieux encadrer le statut des écrivains, qui en ce moment n’est pas encadré dans les lois québécoises.

«Si c’était pas des écrivains, mais si c’était des musiciens ou des comédiens, la question ne se poserait pas, parce que le salon aurait été obligé de respecter des minimas qui existent, qui sont encadrés par des ententes, qui sont fixés par la loi et si vous les respectez pas, vous êtes hors-la-loi», a plaidé le directeur général de l’UNEQ.

Le gouvernement québécois est en ce moment en train de réviser les deux lois sur le statut de l’artiste. Selon l’UNEQ, c’est l’occasion d’encadrer le statut d’écrivain pour éviter que de telles situations se reproduisent.

«Pour les écrivains, il y a vraiment une urgence à faire des écrivains des artistes à part entière», a conclu M. Dubois.

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