L’Université Concordia permettra aux étudiants d’opter pour la notation succès-échec

MONTRÉAL — Afin d’aider sa communauté étudiante durant cette session à distance, l’Université Concordia a annoncé qu’elle permettra à ses étudiants de remplacer leur note finale par une mention «succès» ou «échec» pour un de leurs cours à la session d’automne.

Cette mesure avait été utilisée dans la majorité des universités du Québec à la dernière session d’hiver, lorsque l’enseignement était rapidement passé en mode virtuel. Elle permet aux étudiants d’éviter qu’une moins bonne note à leur dossier provoque une chute de leur moyenne universitaire.

«Les étudiantes et étudiants semblent plus durement touchés par l’isolement physique et social qui accompagne cette période prolongée de téléapprentissage», a reconnu la vice-rectrice exécutive par intérim aux affaires académiques de l’université, Anne Whitelaw.

Si les étudiants avaient la possibilité de choisir une mention succès-échec pour tous leurs cours l’hiver dernier, ils devront cette fois faire un choix à Concordia, puisqu’ils ne pourront se prévaloir de cette option que dans un seul de leurs cours cet automne. Ils auront cette même option l’hiver prochain.

Pour justifier le retour de cette mesure exceptionnelle, Mme Whitelaw explique que «tous les étudiants et étudiantes ne bénéficient pas d’un cadre d’apprentissage optimal leur permettant de réaliser leur plein potentiel durant la pandémie». Elle souligne toutefois que la qualité de l’enseignement n’est pas remise en cause.

Selon la présidente de l’Union étudiante du Québec, Jade Marcil, la mention succès-échec permet de diminuer la compétition entre les étudiants, ce qui implique aussi une réduction du stress et de l’anxiété.

«Certains professeurs ont eu beaucoup de difficulté à adapter la charge de travail qu’ils ont demandée à la population étudiante lors de cette session à distance. Il y a donc beaucoup de détresse en ce moment», a affirmé Mme Marcil.

La notation succès-échec permet donc de «réduire l’anxiété de performance», explique-t-elle.

À l’Université Bishop’s, la décision de permettre aux étudiants de choisir une mention succès-échec pour leurs cours de la session d’automne a été prise dès le mois de novembre, à la suite de demandes formulées par les étudiants.

«Le sondage réalisé par le Conseil représentatif des étudiants auprès de tous les étudiants souligne que les jeunes sont aux prises avec des problèmes de santé mentale et de solitude et qu’ils sont dépassés par les réalités et la charge de travail des études en ligne», avaient alors expliqué le vice-principal académique de l’université, Miles Turnbull, et le vice-président des dossiers académiques du Conseil représentatif des étudiants, Georges-Philippe Gadoury-Sansfaçon, dans un message aux étudiants.

Les étudiants de l’Université Bishop’s pourront opter pour une notation succès-échec pour tous leurs cours s’ils le désirent cet automne.

La mention succès-échec sera disponible à Concordia et Bishop’s, mais de nombreux étudiants qui fréquentent d’autres universités ne pourront en profiter.

«Plusieurs associations étudiantes ont demandé à leur administration de réfléchir — et éventuellement de permettre — la notation succès-échec pour la session d’automne, mais elles ont reçu des refus catégoriques au début de la session», déplore Jade Marcil.

Elle aurait d’ailleurs souhaité que plus d’universités reconduisent la mention succès-échec, et que les décisions soient plus équitables entre les différents établissements d’enseignement.

«Nous sommes toujours en confinement, il y a des difficultés économiques et il y a des difficultés sociales, donc donner accès à toute la communauté étudiante à la mention succès-échec aurait été une très belle avancée des universités pour soutenir la santé psychologique des communautés étudiantes.»