L’Université de Victoria se dote d’un bibliothécaire de la réconciliation

Le nouveau bibliothécaire de la réconciliation de l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique, espère que son rôle unique aidera les Canadiens à mieux comprendre les cultures autochtones et ce que ces peuples ont dû affronter à travers l’histoire.

Ry Moran, de la Nation métisse de la rivière Rouge et fondateur du Centre national pour la vérité et la réconciliation à l’Université du Manitoba, se joindra à l’Université de Victoria cet automne pour occuper ce nouveau poste.

Ce rôle de bibliothécaire universitaire adjoint pour la réconciliation consiste à colliger et à mettre en valeur l’histoire des Autochtones en plus de promouvoir la réconciliation au sein des facultés et de leurs cours.

Le président de l’Université de Victoria, Jamie Cassels, affirme que le poste créé pour Ry Moran est le premier du genre au Canada.

«Le Canada est un pays profondément raciste. Les origines de ce pays sont fondées sur des idées et des notions racistes et ce sont tous ces faits qu’il faut rétablir, a déclaré M. Moran en entrevue. Les peuples autochtones ne sont pas ce qu’ils ont été accusés d’être.»

En tant que directeur du Centre national pour la vérité et la réconciliation, son travail a permis de recueillir de la documentation, dont quelque 7000 enregistrements audio et vidéo de survivants des pensionnats autochtones. Des témoignages offerts dans le cadre de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Dans son nouveau rôle de bibliothécaire, Ry Moran devra recueillir d’autres types de documents, incluant des témoignages oraux et écrits, en plus de collaborer avec ses collègues pour mettre en valeur et rendre accessible au public cette mémoire des peuples autochtones.

«Nous allons participer activement à plusieurs discussions très importantes sur la manière d’aborder la mémoire dans ce pays et les responsabilités inhérentes à la profession de gardien de la mémoire», affirme-t-il.

D’abord et avant tout, Ry Moran espère que son rôle va inspirer les étudiants à chercher à en savoir plus au sujet de la réconciliation et de l’histoire des Premières Nations et des Inuits.

«C’est un élargissement et une accentuation de cet effort de longue date d’éduquer et de réparer certaines des terribles blessures causées par certaines décisions absolument horribles qui ont été prises dans ce pays», a-t-il poursuivi.

Pour Jonathan Bengston, bibliothécaire senior à l’Université de Victoria, la nomination de Ry Moran représente un pas dans la bonne direction pour faire grandir les institutions académiques.

«Nous sommes les mémoires culturelles, décrit M. Bengston en parlant des bibliothèques. L’objectif est de réviser nos systèmes et nos structures de bibliothèques académiques et de s’ouvrir à de nouvelles manières d’apprendre et d’évoluer dans ce monde. Les voix autochtones sont énormément importantes au Canada.»

Jonathan Bengston souhaite que le nouveau poste de son collègue puisse en inspirer d’autres.

«Il s’agit du premier poste du genre dans une université canadienne majeure, souligne-t-il. J’espère que cela montre la voie à suivre pour d’autres institutions aussi.»

Le président Jamie Cassels dit croire que ce rôle de réconciliation va améliorer les relations de l’université avec les peuples autochtones.