L’Université McGill continue de se tailler une place au Forum de Davos

DAVOS, Suisse – L’Université McGill continue de se tailler une place parmi les experts chevronnés en provenance des quatre coins du monde invités au Forum économique de Davos, qui se déroule jusqu’à samedi, au coeur des alpes suisses.

Cette année, en plus de voir sa principale et vice-chancelière Suzanne Fortier piloter un atelier avec Erik Brynjolfsson, directeur de l’initiative du Massachusetts Institute of Technology sur l’économie numérique, trois autres de ses professeurs — Andrew Gonzalez, Elena Bennett et Graham MacDonald — feront des présentations.

«Nous sommes ici pour représenter les idées qui sont à la fine pointe dans le domaine de la recherche et de l’apprentissage», a expliqué Mme Fortier, mardi, à Davos, lors d’un entretien avec La Presse canadienne.

Ce jeudi, la principale de l’Université McGill — seule institution universitaire canadienne à être invitée au Forum — se penchera entre autres sur les effets de l’automatisation et de la numérisation sur le marché du travail.

Elle donne en exemple l’intelligence artificielle, qui, à son avis, obligera les travailleurs à s’adapter aux bouleversements provoqués par les nouvelles technologies.

«Il faut s’assurer de créer un grand appétit pour l’apprentissage, affirme la principale de McGill. Il faudra toujours continuer d’apprendre. Il faut faire preuve d’ouverture devant le changement.»

L’an dernier Mme Fortier avait été invitée à Davos par le groupe de discussions du Global University Leaders (GUL) pour ensuite devenir membre de ce groupe qui réunit des recteurs de prestigieuses universités.

Cela a permis à l’université d’élargir sa collaboration avec le Forum économique mondial, qui s’effectue depuis sur une fréquence de plus en plus régulière.

«De notre côté, on travaille dans les dossiers de l’agro-alimentaire et du développement durable, précise Mme Fortier. Ça ne se limite pas seulement à un passage au Forum et à des présentations lors d’ateliers. Il doit y avoir un engagement de notre part.»

Selon elle, cette invitation du GUL est notamment attribuable au «mandat international» de l’établissement d’éducation, dont près du quart des étudiants proviennent de l’international.

Bien entendu, Mme Fortier «aimerait bien» que d’autres universités québécoises et canadiennes se taillent une place au Forum économique mondial, mais elle souligne qu’il y a une limite aux invitations qui peuvent être octroyées par les organisateurs de cet événement annuel.

À sa première participation l’an dernier, celle qui dirige l’Université McGill depuis septembre 2013 s’était dite surprise de constater que le Forum économique, réputé pour réunir l’élite financière mondiale, ratissait beaucoup plus large, avec des volets entre autres sur la science, les technologies émergentes ainsi que la médecine.

Toutefois, cette année, les discussions de ce rendez-vous annuel sont teintées par les élans de protectionnisme et de populisme ainsi que par l’ombre de Donald Trump — qui deviendra vendredi le 45e président des États-Unis — même si l’homme d’affaires et vedette de téléréalité brille par son absence.

Les organisateurs du Forum se disent très préoccupés par la fracture qui semble s’observer de plus en plus dans le monde avec une classe moyenne qui en arrache au niveau financier.

«Nous sommes tous surpris par les événements à l’échelle mondiale, dit Mme Fortier. Nous sommes peut-être dans une situation plus fragile.»

S’il n’y a pas une façon de régler la situation actuelle, Mme Fortier espère pouvoir «faire sa part dans son domaine» au chapitre de l’éducation.

«C’est ma première préoccupation, affirme-t-elle. Par exemple, nous devons continuer d’encourager nos étudiants à faire de l’innovation sociale.»

Parmi les professeurs de McGill invités au Forum, le chercheur Andrew Gonzalez présentera entre autres son projet de carte, qui, en compilant des données, permet d’identifier les zones à préserver et augmenter la biodiversité en milieu urbain.