L’UQAT nomme l’un des plus jeunes recteurs au Québec

ROUYN-NORANDA-Avec l’annonce du départ à la retraite de son recteur, Denis Martel, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) s’est résolument tournée vers la jeunesse pour son développement. Le conseil d’administration a nommé son vice-recteur adjoint au développement de services et de partenariats, Vincent Rousson, à la tête de l’institution. À seulement 45 ans, M. Rousson est l’un des plus jeunes recteurs au Québec. Il entrera officiellement en poste le 1er mars prochain.

Le principal intéressé est encore sous l’effet de la surprise de sa nomination. «Pincez-moi», dit-il à la blague. Il faut dire que la carrière de M. Rousson n’a rien d’ordinaire. Entré en 1998 à titre de simple chargé de cours, il est aujourd’hui à la tête de la plus jeune université au Québec. Entretemps, il a occupé divers postes, dont celui de directeur du campus de Val-d’Or à la fois pour l‘UQAT et pour le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. «Le fait que j’aie occupé plusieurs postes me sera utile dans ce nouveau mandat, estime-t-il. Je peux plus facilement me mettre à la place des gens que je côtoie, parce que j’ai vécu moi-même leur réalité.»

Prof d’univers social

À l’origine, rien ne destinait Vincent Rousson au rectorat. Diplômé de l’Université de Sherbrooke, il aspirait à une carrière d’enseignant en univers social au secondaire. Mais les réformes apportées au programme ont chamboulé ses plans. Armé d’un diplôme (majeure) en histoire et d’un certificat (mineure) en science politique, il ne lui restait qu’une formation d’un an en pédagogie pour atteindre son objectif. «Mais le programme d’études a été remanié, si bien qu’il fallait dorénavant un baccalauréat de quatre ans pour avoir le brevet d’enseignant.»

Avec les portes des écoles secondaires qui se refermaient devant lui, il est donc allé cogner à celle de l’université de sa région pour offrir ses services. «J’ai eu une charge de cours au début, en 1998, se souvient-il. Puis, de fil en aiguille, j’ai occupé divers postes au sein de l’institution, jusqu’à aujourd’hui.»

Le défi : se faire connaître

Le nouveau recteur de l’UQAT arrive en poste dans un contexte qui est loin d’être facile. Il hérite cependant d’une institution en plein développement, dont le nombre d’étudiants augmente année après année. «À court terme, nous allons prendre quelques mois pour souffler un peu, cependant, affirme M. Rousson. La pandémie est venue brouiller les cartes, bien sûr, mais nous devons également nous réorganiser, après plusieurs années de compressions budgétaires.»

Pour Vincent Rousson, petite université peut rimer avec grandes ambitions. «On veut se faire connaître sur l’échiquier canadien et international, affirme-t-il. Si on a eu un défaut comme institution par le passé, c’est d’avoir été trop humbles. Nous avons des chercheurs de renommée internationale, il faut les faire connaître. Nous devons prendre la place qui nous revient.»

Déjà, l’UQAT tente de faire sa niche dans certains nouveaux créneaux. L’institution a créé récemment un nouveau programme dans le domaine de l’agroalimentaire biologique, et réserve quelques surprises dans les prochains mois. «On parle de nouveaux programmes et de nouveaux champs de recherche, indique le recteur, sans vouloir en dire plus long. Une chose est certaine : nous voulons devenir un modèle pour les jeunes de la région.»

Vincent Rousson est le premier recteur de l’UQAT originaire de l’Abitibi-Témiscamingue. «Je suis parti de Malartic pour aller étudier à Sherbrooke, comme plusieurs autres jeunes de la région à l’époque, se souvient-il. C’était la marche à suivre pour ceux et celles qui voulaient entreprendre des études supérieures. Aujourd’hui, les jeunes de la région peuvent demeurer chez eux et obtenir un diplôme universitaire. C’est un gros plus pour notre région.»

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