L’UQAT prête pour une rentrée à distance… depuis 30 ans

ROUYN-NORANDA, Qc — Alors que bien des établissements peinent à s’organiser pour dispenser des cours à distance, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue est prête depuis longtemps pour une rentrée universitaire à distance.

Située dans une région très vaste et peu densément peuplée, l’UQAT a l’habitude de ce type d’enseignement depuis plusieurs années. «Nous pratiquons l’enseignement à distance depuis la fin des années 80, rappelle le recteur, Denis Martel. Nous avons été parmi les premiers au Québec à dispenser de l’enseignement par visioconférence.»

Préoccupations

Denis Martel demeure néanmoins préoccupé par les défis posés par la COVID. «Nous avons deux priorités, affirme-t-il. La première, bien sûr, c’est la santé et la sécurité de nos enseignants et de nos étudiants. La seconde, c’est le maintien, malgré le contexte, de la qualité de l’enseignement. Nous limitons les interactions physiques au maximum. Nous allons tenir dimanche des activités d’accueil sur nos différents campus, mais elles auront lieu à l’extérieur de nos murs.»

Plusieurs activités de la rentrée seront également tenues de manière virtuelle. C’est le cas de deux spectacles d’humour, qui doivent avoir lieu les 25 et 27 août, et qui se tiendront sur des plates-formes de réunion.

Même dans le contexte de la pandémie, les étudiants de l’UQAT ont droit à tous les services offerts par l’établissement. «Nos conseillers pédagogiques sont toujours disponibles, et ça vaut pour tous les autres services», dit Denis Martel.

COVID et enseignement

Lorsque la crise du coronavirus a frappé le monde universitaire en mars, l’UQAT avait déjà un pas d’avance. «Depuis plusieurs années, nous avons des accompagnateurs technologiques qui aident à la formation à distance, signale M. Martel. De plus, la moitié de nos quelque 5500 étudiants avaient déjà au moins un cours à distance dans leur programme. Cela nous a aidés à être plus vite sur nos patins.»

L’UQAT se montre même en mesure de maintenir les formations offertes aux étudiants étrangers qu’elle accueillait, entre autres dans son programme de création visuelle. «Dès le début de la crise de la COVID, les étudiants français ont été rapatriés par leur gouvernement, indique Denis Martel. Nous avons été en mesure de leur fournir l’accès aux logiciels nécessaires, et ils ont pu compléter leur session de chez eux.»

Qualité variable

La formation à distance a quand même beaucoup évolué depuis les débuts. «Nous disposions de six lignes téléphoniques pour offrir nos cours, se souvient Denis Martel. Chaque pôle avait des salles où les étudiants devaient se déplacer, à Amos, Val-d’Or, Rouyn-Noranda et au Témiscamingue. Pour l’époque, c’était révolutionnaire, mais la qualité était variable!»

Le recteur de l’UQAT fait une distinction entre les cours à distance de l’époque et la Télé-université (depuis rebaptisée TÉLUQ). «À la Télé-université, les enseignants enregistraient leurs cours magistraux, et ils étaient télédiffusés, dit-il. Chez nous, les étudiants pouvaient interagir avec le professeur. Les cours étaient tout de même enregistrés sur VHS, et ils sont encore dans nos archives.»

Laisser un commentaire
Les plus populaires